Dimanche 22 février 2015 7 22 /02 /Fév /2015 11:37

 

 

Je t'écris des mots qui ressemblent à des forêts, de grands arbres que je trace sur le papier. Des arbres teintés de bleu, de pourpre au creux de leur écorce. Je t'écris pour que jamais tu ne m'oublie. Avant la cendre, la verdure de feu.

 

Te souviens-tu de moi, de ce temps passé, à te regarder. Tu dansais pour me plaire et moi, je t'écrivais des mots invisibles sur les murs solitaires. Je te disais toujours à jamais. Tu me disais que tu reviendrais. Tu t'es dispersé loin de moi dans ce ciel étoilé devenu maintenant si sombre. Je me suis perdu à te poursuivre derrière les arbres de minuit.

J'ai passé tant de temps à te chercher. Je n'ai jamais pu t'oublier. J'ai traversé la grande forêt d'arbres bleus pour te retrouver. J'ai franchi la lumière et puis je l'ai oublié. Pourquoi es-tu enchaîné ? Pourquoi ne fuis-tu pas? Je t'emmènerai derrière les étoiles …

J'ai tout oublié, la couleur des étoiles, le son de la pluie, le chemin à emprunter pour te retrouver. Mais jamais tes yeux ne m'ont abandonné.

 

Le vent se hissait brutalement sur les pierres de lave de la grande muraille. Un géant de brume et de roc naquit de derrière la nuit. Les arbres bleus dansaient. Le feu s'éprit des pierres, jaillit l'eau pourpre de la nuit.

L'ultime flèche, celle qui atteint le bruit des ombres. A présent, le géant avait rejoint les ténèbres.

 

Mon chevalier gisait sur la terre brune.

 

Va, va, retourne dans le monde des étoiles. Promets moi l'éternité. De là-haut, les arbres seront à nouveau de la couleur de tes yeux et tes larmes, leur vie.

 

Le chevalier s'était retiré du monde des ombres. Les arbres dansaient doucement au grès du vent, reprenant leurs couleurs primitives.

Il avait rejoint les étoiles qui mènent à l'horizon.

 


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Dimanche 15 février 2015 7 15 /02 /Fév /2015 15:53

 

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Le soleil débordait de dessous les nuages basanés, nuages de lait. Des heures et des heures d'apesanteur, quelque part bien mystérieux, ces rêves qui somnolent, en partance pour l'ailleurs. Des lunes de sable, des lunes vaporeuses, vapeurs d'odes à la nuit. Bientôt la nuit.

Five.

Dilué dans un sillage d'étrangers, dans une lumière tendre, évaporé. D'amour et d'insomnie, d'eau de pluie. Le visage est dévoilé, aux abords, une tasse de thé, tendre et fragile, une note de vanille. Et plus loin là-bas, des cœurs dociles, intimement liés d'idées boisées. La rose poivrée s’enivre, flotte sur son lit de pétales argentés, macérés de nuits infinies, tendrement, d'écorces de fruits confits.

Five.

Le soleil bientôt s'effeuillera de ses dentelles si fragiles, dévoilera l'or des mots, notes boisées. Je fermerais les yeux, tasse de thé, cuir de nuit, cendres de lune, bois de lumière, imperméable à la poussière. Baisers chauds.

Five o'clock.

 

 

Parfum intense d'un amoureux fascinant.

Publié dans : Thé ou café ?
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Dimanche 15 février 2015 7 15 /02 /Fév /2015 11:44

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" Ah, quel grand arbre! Il monte dans le ciel comme une fumée. Il a pourtant d'épaisses branches bleues qui sont comme des bras qui s'ouvrent de toutes parts, on dirait pour étreindre, on ne sait qui, pourtant, dans ce ciel où il n'est personne.

Et quand on s'approche de lui, comme cet enfant maintenant, on voit que ses feuilles sont larges, vernissées, avec des veines d'un rouge cuivré pour se ramifier dans un vert de nulle part dans l'esprit. Un vert comme d'abîme, un abîme où gronderaient des orages.

[...]

La soirée avance, bien que la lumière s'immobilise. Le voyageur de ce pays de prairies et de flaques d'ombre y continue son chemin, il passe devant encore des chênes, encore des ormes ou des érables qui sont en groupes de plus en plus, avec des buissons à leurs pieds désormais, presque des taillis, et de la brousaille. L'orée est proche, il la franchit, il est vite sous le couvert, il s'éloigne sans se retourner dans cette forêt où tout est chemin, où rien ne va nulle part."

 

Extrait de la poésie Les Arbres dans le recueil L'Heure présente, Yves Bonnefoy

 

 

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Publié dans : Les mots
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Dimanche 11 janvier 2015 7 11 /01 /Jan /2015 14:56

 

 

La nuit d'avant, Les mots avaient dérivés sur le papier. C'était juste avant que la lumière ne vienne transpercer les fenêtres.

Il y eu le silence, la résonance des nuages pour contredire les ombres de derrière le bureau.

Et les silhouettes qui s'effacent, se prolongent sur le sol froid.

Et les bruits disparaissent, ne reste que la fumée, les feuilles de papiers qui s'envolent... et s'endorment doucement.

Plus tard, j'apprendrais que les crayons sont des armes et que les silhouettes avaient rejoints les feuilles volantes, s'étaient brusquement teintées de rouge.

Plus tard encore, je comprendrais que personne n'est libre, que pour atteindre le bruit, il fallait s'armer de crayons, d'esquisses d’idoles à la sanguine.

Des mains se sont levées, des fleurs fanées ont orné une rivière de larmes que la nuit a recouvert, d'encre.

 

 

(En zoologie*L'encre  est un produit noir sécrété par certains céphalopodes pour se protéger de leurs agresseurs. )

Publié dans : We are free
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Lundi 8 septembre 2014 1 08 /09 /Sep /2014 15:35

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Photo by Charlotte Zoller


 

Certains moments sont uniques, il convient donc de prendre le temps de les savourer. Un artiste pourrait sans doute nous décrire davantage cette énigme complexe à multiples inconnues, l'écriture, la peinture, la musique. En fait, tout cela est une entité de choses qui ne sont pas encore créées et qui ne peuvent devenir palpables même à celui qui pense en avoir compris le sens. En d'autres termes, une œuvre est inspirée mais n'a pas d'ambition outre le fait d'être désirable. Et sans doute aussi de faire plaisir. Voilà donc où je veux en venir : le nouvel album d'Interpol s'est fait attendre et donc, il est devenu désirable.

 

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Nîmes le 08 juillet 2014


Lever le voile sur une œuvre ne doit pas être chose aisée, surtout quand on a mis du temps à la créer. Il faut d'abord en faire une esquisse, la brouillonner un peu, la détruire parfois pour en retirer juste ce qu'il faut, cette petite note abstraite qui ne se dissoudra pas dans l'air au clair de lune. Il faut savoir se chamailler, s'arrêter, se dissiper aussi et puis repartir pour créer cette chose qui sera mentionné sur les journaux comme fabuleux … peut être. Oui, sans contrefaçons, oui, assurément. Je n'arrive pas à hésiter, je n'ai pas vraiment de mots pour décrire les premières notes de All The Rage Back Home, l'avant-propos de l'album qui aspire à plus de liberté, au choix musical comme textuel. Une chanson de gestes peut-être bien, inspirée et aspirée par la voix de Paul Banks, un souffle, un murmure et puis … My Desire et Anywhere, deux chansons découvertes durant un concert au clair de lune. On a parfois l'impression d'un retour aux sources, comme d'un besoin de parfaire quelque chose qu'on a laissé là, dans un coin. Peut être bien que ces chansons, ces textes étaient là, planqués dans un recoin d'un vieux bureau poussiéreux depuis ce temps mémorable de Turn on The Bright Light.

 

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Same Town, New Story complète mes propos et continue sur sa lancée de l'album parfait : il ne m'en faut pas plus pour déclarer cette chanson comme génialissime. Les effets sonores, les voix très présentes entourent cette chanson parfaitement mystique, onirique. Voilà c'est fait, le voile est levé. Les partitions en élaborations ne sont plus qu'un arrière goût de frénésie qui titille l'esprit, qui entourloupe l'auditeur. La frénésie encore et toujours autour de My Blue Supreme, à écouter dans le noir pour percevoir ce petit truc en plus, les sens en éveil. Un Everything is Wrong profond, envoûtant et sensé avec le sensiblement parfait Breaker 1, dans le noir et dans les entrailles d'Interpol tel Ancient Ways, ardemment provoquant. Avec Tidal Wave la fin est déjà proche, la rythmique est saccadée mais pourtant si esthétique. La lumière éphémère sur la scène, le noir sublime qui les habille, un peu de rouge passionnément et voilà déjà le final de cet opus incroyable, Twice as Hard, énigmatique.

El Pintor est un petit joyaux d'élégance, beaucoup plus structuré que les albums précédents, il est sublime et cache encore de jolies choses sur quelques B-Sides ou peut être bien dans le tiroir d'un bureau tout poussiéreux !

Publié dans : Let's dance
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Bonnefoy L'Heure présente

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