La Mouette

Publié le par Manu

La Mouette

En ce moment, je me questionne sur l'écriture, sur pourquoi et comment écrire. Pourquoi évoluer et se diviser … L'écriture, c'est si difficile à décrire, à énumérer. C'est parfois douloureux lorsqu'on ne trouve pas les mots, parfois trop banals quand on écrit rien d'intéressant, parfois faux quand ce n'est pas de nos propres pensées. Ce matin, un article quelque part sur Internet disait que jardiner, c'est bon pour le moral ( oui, je vous vois venir avec cette petite chanson qui défile dans votre tête), bon pour la santé, pour l'esprit surtout. Écrire, c'est un peu tout çà. C'est cultiver son jardin, y faire pousser de belles et savoureuses choses, y dédier tous ses souvenirs, les enfouir s'il le faut ou les faire revenir de dessous la terre. Changer la boue en or, changer les mots vides de sens en lettres immuables. En majuscules grand format, de peur qu'on ne les voit, qu'on ne puisse les reconnaître. Cette peur impalpable dans mes textes...

Mon petit frère sait mieux la décrire que moi la peur. Il sait écrire sur la peur et moi, j'exprime les différents visages de la peur. Le passé en fait partie, les rêves aussi. C'est eux qui font mon écriture, les fondations de mes expériences littéraires, balbutiantes parfois. Et c'est donc la peur au ventre qu'hier soir, sans crier gare, j'ai envoyé mon premier manuscrit chez un éditeur. J'aurais pu me dire que c'est cool, mais non, çà fout les boules. C'est très étrange cette sensation d'envoyer ses textes à des gens extérieurs qui ne connaissent rien de moi, rien de ma vie … et pourtant, ils vont la lire. Parce que ces textes-là, c'est toute ma vie. Je les ai porté en moi depuis des années, comme un enfant, je les ai aimé, apprivoisé même. J'ai rêvé qu'un jour ils soient lus par d'autres lecteurs que ma famille, par vous peut-être... mais peut-être ne les lirez-vous jamais. Peut-être qu'ils ne sortiront jamais de ces feuilles de papier imprimées, parce qu'ils n'ont pas cet élan, cette chose existentielle qu'on ne saurait nommer. Quoi qu'il advienne de mes textes, de mon écriture, je les garderai aussi longtemps que je le pourrai, sous la terre jusqu'alors et mes poèmes feront grandir des arbres à poèmes.

 

Il y avait une mouette sur la grande place aujourd'hui. Les gens la regardaient et passaient leur chemin, elle ne pouvait plus s'envoler, elle se mourait. J'aurais aimé avoir ce don de faire revivre les oiseaux, les animaux, j'aurais aimé qu'elle vole pour toujours, que son ombre se projette encore sur les pavés de la ville.

Publié dans Poésie du dedans, Les mots

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