Ooh fashion...Beep-beep, beep-beep !

Publié le par Manu

Guerra de la Paz, Follow The Leader. 2011. Collectif artistique composé de deux artistes d’origine cubaine, Alain Guerra et Neraldo de la Paz.

Guerra de la Paz, Follow The Leader. 2011. Collectif artistique composé de deux artistes d’origine cubaine, Alain Guerra et Neraldo de la Paz.

Il y a quelques jours je me suis rendue dans une friperie solidaire. J'ai eu le temps de discuter avec l'une des bénévole du nombre affolant de vêtements récoltés chaque semaine par l'association. Elle me disait que, effectivement, c'est bien, il y a des dons tout le temps, mais est-ce que les gens ne « jettent »pas un peu trop souvent ? Est-ce que les gens ne consomment pas de trop ? Les invendus de ces vêtements en friperie solidaire sont renvoyés par la suite vers d'autres contrées pour être revendus ou « recyclés » d'une autre manière.

Sur la plateforme Vinted depuis quelques temps déjà, je peux voir tous les jours des profils de personnes qui expliquent acheter trop souvent et se lasser rapidement de leurs achats. La mode est ainsi faite : les marques aiment nous faire acheter des choses dont on a pas besoin, mais c'est juste parce que c'est à la mode, parce que c'est la nouvelle collection, parce que c'est sur tous les réseaux sociaux.

En mai dernier, j'ai effectué une enquête via un questionnaire en ligne concernant les habitudes d'achats des consommateurs. Sur une trentaine de réponse, 100% se sentent très concernés par les questions liées à l'écologie. C'est une bonne nouvelle ! Mais alors, pourquoi consommer autant ? Dans mes questions qui étaient tournées plutôt vers l'achat d'un article vintage ( robe,...), 29,6% des intéressés achètent un vêtement vintage car ils trouvent cela intéressant au point de vue écologique, alors que 59,3% pensent que c'est surtout pour avoir un vêtement que tout le monde n'a pas, atypique, unique.

Parce que oui, nous voulons tous êtres différents.

Mais cette différence à un prix. Celui de l'écologie.

Acheter un vêtement, qu'il soit neuf ou non, c'est consommer. Même s'il y a différentes façons de consommer. Il y a la façon plus « écologique », à savoir préférer des matières naturelles, sans utilisation de pesticides, plus éthique aussi pour les gens qui fabriquent nos vêtements à l'autre bout du monde ( car comme tout le monde le sait, en France, il est rare de trouver un entreprise qui fabrique encore des vêtements ! ). Puis, il y a l'autre manière, celle qu'il faudrait bannir. Acheter, toujours acheter, sans se poser la question : est-ce que j'en ai vraiment besoin ?

 

Une membre de Vinted m'a un jour expliqué chercher des vêtements en coton, car c'est plus naturel, plus écolo. Oui mais non. La culture du coton est la 3ème activité la plus consommatrice d’eau d’irrigation de la planète, après le riz et le blé : il faut en moyenne entre 7.000 et 29.000 litres d'eau pour produire 1 kg de coton ! La culture du coton nécessite la surconsommation de pesticides et d'engrais, engendrant une grande pollution des sols. L’irrigation des cultures entraîne une forte consommation d’eau pouvant ruiner toute une région. Ce fut le cas de l’assèchement de la mer d’Aral. Cet assèchement est dû au détournement de l’eau de cette mer afin d’irriguer les champs de culture de coton d’Asie centrale. Sa surface a été divisée par trois en seulement deux décennies. C’est l’une des plus importantes catastrophes environnementales du XXème siècle.

Au total, plus de 75% du coton mondial est cultivé dans les pays en voie de développement. Ces pays utilisent en majeure partie des pesticides pouvant causer des problèmes de santé. Pour chaque hectare de coton, en moyenne, près de 1 kilogramme de pesticides est appliqué. Par ailleurs, les usines textiles rejettent leurs eaux usées et contaminent ainsi les eaux de surface et souterraines comme les nappes phréatiques. ( voir le documentaire Vert de Rage, réalisé par Martin Boudot )

Et qu'en est-il du polyester ?

Le polyester lors de sa fabrication nécessite l’usage de pétrole ; il faut environ 1,5 kg de pétrole pour fabriquer 1kg de Polyester. Il faut également des produits qui accélèrent la vitesse de diffusion des colorants dans les fibres textiles. en général des véhiculeurs qui sont des produits toxiques pour l’environnement ; certaines de leurs particules peuvent être rejetées dans l’environnement par les eaux usées et ainsi contaminer les milieux aquatiques. C'est à dire que, lorsque vous mettez vos vêtements en fibres synthétiques dans votre machine à laver, des résidus de fibres vont aller polluer la faune et la flore marine. Et si vous utilisez une lessive conventionnelle, alors là, le combo est juste explosif ! Les 240 millions de tonnes de matières plastique produites chaque année dans le monde, transformées en de millions de petites particules, voyagent par les réseaux d’eaux usées jusqu’aux océans. Une fois le voyage sous terre terminé, le plastique flotte à la surface de l’eau et se regroupe sous forme de gyres, de gigantesques tourbillons d’eau océanique formé d’un ensemble de courants marins, menaçant l’écosystème marin tout entier, c’est la formation de « continents de déchets ».

 

Voilà voilà, faites une pause café ou thé si vous en avez besoin, je peux le comprendre, cet article est difficile !

 

Mais il y a des solutions :

1- Acheter moins souvent mais mieux, de meilleure qualité: ne pas céder aux vêtements à petits prix dans les magasins ( comment l'article a été fabriqué, par qui et dans quelles conditions ? )

2 – Préférer les matières naturelles, sans pesticides et si possibles plus éthiques ( pensez aux enfants qui produisent vos jeans délavés en Inde )

3 - Le meilleur déchet c'est celui qu'on ne produit pas. Si on en a pas besoin, alors vraiment pourquoi l'acheter ? Et c'est aussi ce que je m'applique à écrire à mes acheteuses sur Vinted «  Prenez votre temps, n'achetez que sur un véritable coup de cœur ou par réel besoin ! »

Enfin, n'oubliez pas la seconde main : les vêtements d'occasion, c'est LA solution à la fast-fashion, à l'industrie de la mode toute entière. Plus écologique, c'est aussi plus économique.

 

Je suis persuadée que si l'on fait un peu tous un effort là-dessus, on pourra réussi à changer les choses. Nous devons penser et vivre différemment. Nous nous devons de garder notre planète en bonne santé pour les générations à venir.

 

( Si vous êtes fan de David Bowie, alors vous comprendrez le titre de cet article ! )

Ooh fashion...Beep-beep, beep-beep !

Publié dans Et pendant ce temps...

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6 juin 1944

Publié le par Manu

« Into the Jaws of Death », célèbre photographie prise par Robert F. Sargent

« Into the Jaws of Death », célèbre photographie prise par Robert F. Sargent

Le 6 juin 1944, les forces alliées débarquent en Normandie. Cette gigantesque opération militaire lance le début d’une bataille féroce qui mènera dès la fin du mois d’août à la libération de Paris. Cet événement historique majeur fut un réel tournant au cœur de la Seconde Guerre mondiale. Un événement qui est relativement bien connu des spécialistes et du grand public, car le Débarquement et la bataille de Normandie ont été documentés grâce à de très nombreuses photographies.

Certaines, à l’image d’Into the Jaws of Death, sont devenues iconiques. D’autres ont été perdues avec le temps. Un vaste projet a été lancé : collecter le plus d’images archives possible dans une seule et unique base de données. Ce projet, qui a d’abord pris la forme d’un site nommé Archives Normandie, 1939-1945, a désormais évolué en une immense collection de photographies disponible gratuitement sur Flickr.

 

6 juin 1944
6 juin 1944
6 juin 1944

Publié dans Souvenirs

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