Alter Ego

Publié le par Manu

Alter Ego

J'ai beau essaimer tes paroles

Les voix convergent

Vers d'autres parenthèses

Des îles oubliés

Sans frontières

Sans papiers

 

J'ai beau quitter le monde

Le ciel est monochrome

Les distances redoutables

Des insomnies

Des rêves éveillés

 

Je nous revois

Cœurs partagés

Cœurs légers

En ce long voyage

 

 

Et demain encore, tandis que le monde s'éteindra, je penserai à toi.

De mes veines des océans s'abreuveront, de mon cœur des montagnes d'or s'extirperont.

 

La nuit

Les étoiles brilleront à l'infini pour que tes yeux,

Toujours,

Contemplent le monde.

 

- J'ai trouvé ces mots écrits ce matin, noir sur blanc, sur une feuille de papier mouillé. Il y avait ces noms : Délé à Taïssa. L'eau semblait vouloir les effacer, les emporter comme ces hommes et ces femmes qui n'ont plus de voix. - 

 

 

Ce texte est dédié à tous ceux qui fuient leur pays pour une terre meilleure, une terre rêvée, paradis perdu.

 

Publié dans Les mots

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De l'écriture

Publié le par Manu

De l'écriture

Échapper à l'illusoire, n'avoir pour seule raison d'avancer que son propre lyrisme, sa pensée cognitive et son instinct, asphyxié par la lenteur des mots. Échapper à la brutalité des mots, s'envelopper d'une dune infranchissable, une parabole relaxante et oubliée, une vague...dans les bas-fonds du langage, comme une sirène qui s'échappe de la nuit, du dedans, de tout ce qui brille au-delà de nos consciences, une sirène, être étrange et mystérieux qui n'a de cesse de m'obséder... La chose la plus imagée est ici, entre mes mains, quelque part entre le lobe occipital et la mangrove de mon cœur. C'est une sensation. Rien d'autre.

Écrire, c'est s'échapper. Ressentir les choses comme elles viennent. Ne plus penser à rien. Sinon aux mots, aux voix qui s'échappent des parenthèses intimes. Seulement l'illusoire quand le feu se propage et brûle les peurs névrosées.

 

 

Publié dans Les mots

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7ème jour

Publié le par Manu

7ème jour

J'ouvre les volets, il est 7h42, il fait gris et la ville reste confinée, comme morte. Tous mes voisins ont leurs volets fermés, comme s'ils ne voulaient voir personne à cette heure si matinale. Moi je n'ai pas le choix, mes douleurs se chargent de mon réveil.

J'ai glissé la main le long de ma poitrine, appuyé sur la zone entre les côtés : une violente quinte de toux s'est échappée de mes poumons, comme asphyxiés par je ne sais quels maux. Mes côtes me font mal, mon dos se contorsionne pour échapper au vacarme de mon corps. Combien de temps cela va t-il durer ?

Le Doliprane danse dans l'eau ; de fines bulles s'échappent du petit rond blanc. J'ai l'impression de secouer une boule à neige, c'est si joli, cela fait des pssssst à n'en plus finir, j'aime ce bruit. Ce petit rond blanc est maintenant mon seul salut, alors je n'ai d'autre solution que de l'aimer et de compter le nombre de ces petits cachets restants. Un pour aujourd'hui, un autre pour ce soir, peut être un pour demain, si seulement …

Cette nuit, j'ai rêvé que nous étions dans un champs de primevères bleues, aussi bleues que le fleuve jouxtant ce tapis de fleurs. Et il pleuvait de la cendre de brume.

 

Danses, danses petite pastille,

Dans les profondeurs de mon cœur.

Souffle court et âme étanche.

 

 

Publié dans Et pendant ce temps...

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Mélopée.

Publié le par Manu

Mélopée.

Les ciselures du littoral venaient découper le ciel d'un bleu magnifique. Le vent s'évadait dans la dune, douce et brillante, faisant fi des ombres dansantes sur le sable. Les dieux s'étaient assoupis, le temps d'une éternité, entre les vagues galopantes et les herbes hautes des montagnes dorées. Tout était silence. La mélopée de l'océan, monotone et divine, semblait gravée dans l'air, effleurer les roches et disloquer les grains de sable.

Était-ce la fin d'un jour ou le début d'un tout ?

Le ciel était semblable aux poussières d'étoiles qui se déposent si délicatement sur les flots. Comme un souffle lointain, comme une équinoxe limpide et brillante, filante.

Je me suis souvenue de ce rêve hier pour l'oublier aujourd'hui.

 

 

Publié dans Poésie du dedans

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