Un jour d'Automne

Publié le par Manu

Les feuilles jaunes dérivent. La douceur de ce petit matin, ennivrant, caressant la pâle fragilité des êtres dévêtus. Quelques heures plus tard, les yeux aveuglés par le soleil, se sont les mêmes feuilles qui tombent encore mais dans un silence, dansent avec le vent. L'image est belle, l'image est solennelle. Je voudrais être peintre pour immortaliser ces instants, avant que tout soit à terre, avant que le vent ne transporte les quelques feuilles de ci, de là et ne les enfouisse sous terre.

Mon coeur est ailleurs, mes pensées loin d'ici. Je rêve de me pencher sur l'eau, quelque part dans cette forêt qui m'attend, au creux d'un arbre attendre que les nuages s'échappent et contempler la lumière de ce mois d'octobre. Celle qui rougie le soir, celle qui éblouie la fenêtre....Tout cela m'évoque l'étrange voyage de l'Automne, les aléas d'une feuille qui flotte dans l'air si doux et qui, avec une telle délicatesse, frôle la terre d'un bout à l'autre.

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M.F

Publié le par Manu

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MF.

Si je devais changer mes habitudes, je pense que je commencerais par ne plus faire 60 kilomètres par jour pour aller travailler. Je travaillerais moins, ce qui m’arrangerait, ou je choisirais l’option plus écologique, le covoiturage. Pas de vélo, malheureusement, pas la possibilité de voler sur un tapis volant…cela m’aurait été bien utile pourtant. Il me faudrait également changer de voiture : ma Toyota consomme énormément et encore plus quand je m’énerve. Mais changer, cela revient à consommer. Consommer pour une nouvelle voiture, de l’essence, puis des gobelets en plastiques pour le café, fabriqués grâce au pétrole, utiliser du café importé de très loin, donc utiliser encore du pétrole, manger des beaux fruits qui sentent bon le « hors saison » et qui viennent de loin … garder des habitudes qui sont les nôtres, celles d’un peuple vivant plus au-dessus de la moyenne et de ses moyens.

Hier soir avec Aurélien, nous regardions une émission sur la consommation, ses effets sur l’environnement : des gens se sentent coupables de consommer trop et du coup en reviennent à changer profondément leur mode de vie par un esprit de partage, de vie en communauté … je trouve le geste beau, mais hélas encore trop peu suivi pour que l’on puisse en juger l’impact sur l’évolution des mentalités, des nouveaux modes de vie. Recycler tout son environnement, apprendre à utiliser des outils pour redonner vie à une bicyclette, voilà un projet qui me botte ! Certaines personnes ont choisi le troc par nécessité mais également par réaction à la consommation excessive qui nous entoure, aux petits magasins qui ferment dans nos petites villes …Consommer moins, consommer mieux et local. Voilà un principe qui a de l’ambition.

Et en même temps, peut on concevoir aujourd’hui de consommer davantage ? De produire encore plus de choses qui partiront à la poubelle, des déchets dont il faudra se débarrasser dans d’immenses terrains qui, jadis, servaient de prairies, de champs ? Le constat est simple mais alarmant : plus de la moitié des choses que nous achetons en magasin partent à la poubelle. Les emballages sont de plus en plus présents, on ne peut aujourd’hui acheter aucun produit sans avoir un carton, un plastique autour de l’aliment … qui en plus est sans doute bourré de matières allergènes, nocives pour la santé.

Je repense à l’Italie, à ce périple que nous avons fait en août … les images défilent dans ma tête et j’ai encore la sensation de ressentir les premiers rayons du soleil le matin en ouvrant les volets sur Pompéï. Hier, le documentaire montrait des images de Naples sous les ordures de la ville. Des murs épais d’ordures, comme ceux que j’avais vu défiler lors du voyage et je me dis que cette image est parlante : notre monde est une poubelle. La vie est pleine de débris, de choses que l’on balance et dont on a plus l’utilité. Il n’y a guère plus que les rats qui en feront leur festin.

Sommes-nous incapables d’arrêter cela ?  Avons-nous vraiment besoin de toutes ces choses que l’on achète ?

Quand j’étais étudiante, je vivais seule, recluse ou presque dans un 8m², sans mes parents. Je faisais mes courses tous les deux jours car mon frigidaire ne pouvait pas contenir grand-chose et ne conservait pas bien les aliments. Quand j’arrivais dans les rayons, j’allais vers les produits que j’aimais et ensuite je me posais cette question que mon père m’avait posait il y a déjà quelques temps «  As-tu vraiment besoin de çà ? » et la réponse était non. Bien évidement, le chocolat on peut s’en passer, les céréales aussi, les goûters et la viande aussi. Il faut savoir changer ses habitudes, ce qui ne fut pas évident au tout début. Avec le temps, j’allais directement aux rayons qui m’intéressaient. Je calculais le temps précis qu’il me fallait pour aller de tel rayon à la caisse et je prenais le stricte nécessaire, les produits les plus naturels possibles. Parfois, les produits étaient chers, mais j’achetais beaucoup de bio …d’autres fois, je scrutais mon ticket de caisse avec aberration en voyant les prix s’envoler pour les produits de première nécessité : ce qui est utile devient plus cher. Et cela, au fond de mon 8m², j’ai bien compris que çà n’était pas normal.

En début de semaine, ma boîte organisait un buffet pour des invités quelques peu politiques et je devais mettre en place les divers plats, préparer la nourriture. A la fin de la journée, je me suis rendue compte que ce qui était le mieux parti étaient l’alcool et le foie gras, tandis que les 10 kg de nourriture préparées n’avaient pas été consommé pour la moitié. Il restait là de la charcuterie, du fromage non entamé que les mouches invasives prenaient en tenaille. Le gâchis complet, des animaux abattus pour rien, des restes qui ne seront même pas balancés aux chiens puisque ramenés à la boîte et non consommés le jour même.

Ce jour là, j’en rigole encore, j’ai lancé un « Mother Fucker » en intro d’un discours de notre cher Président. J’en suis fière et le journaliste m’a dit «  C’était bien l’animation musicale, on a tous compris votre message ! ».

 PS: Pour ceux qui sont intéressés, calculez votre Bilan Carbone Personnel ici

M.F

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Après la frontière

Publié le par Manu

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Les tulipiers de Virginie du Parc de la Pétrusse

 

J’aurais sans doute du prendre un carnet pour noter mes impressions sur la ville de Luxembourg, cette belle promesse de l’autre côté de la frontière. J’aurais sans doute du garder une trace de mes idées en mémoire, écrire sur la main des choses qui n’ont pas de sens, ou divulguer mes esprits à Aurélien. Je m’abstiens parfois d’écrire sur des événements comme un voyage, une journée, une nuit alors que ces sorties sont un outil pour l’écriture de mes pensées ; je pense à d’autres choses, j’ai des idées en vrac … alors je dirais que quelques bribes de Luxembourg voyagent encore dans ma tête …


Partir au petit matin, tandis que les chats dorment encore et que la pluie a cessé de tomber, c’est penser à l’ailleurs, à ce qui se trouve à des kilomètres d'ici. Penser à une tasse de thé bien chaude au café de la gare où les habitués prennent un petit café bien fort, lisent leur journal tranquillement. Les voyageurs, eux, se pressent déjà pour visualiser le quai de départ de leur train. Et déjà une idée murit dans ma tête : Luxembourg sera-t-elle comme la dernière fois ? Pleine de rebondissements ?


La trajet semble très long. On découvre de nouveaux paysages, gris et ternes, sans vie parfois comme un parc d’attractions qui semble oublié depuis des années … qui peut bien encore s’arrêter ici, en ce quai de gare où le vent fait voler la chevelure de cette jeune fille ?

Et puis arrive l’arrivée, celle que l’on attendait et qui donne le tournis : le quartier de la gare est un brouhaha ou se mêlent étudiants, familles et vieillards, des gens qui n’attendent pas que le feu soit vert, des grandes rues ou les voitures s’enfilent à toute allure. Bien sûr, nous connaissons déjà ces quartiers, nous les retrouvons avec appréhension même et nous constatons que rien ne change depuis quelques mois …

Plus loin, de l’autre côté du pont, on aperçoit déjà le parc de la Pétrusse, toujours aussi vert et la ville qui bouillonne devant nous. Notre hôtel est juste là, au pied du centre et nous nous y installerons après un bon repas dans un café restaurant où les serveurs aiment les bonnes blagounettes sur les toilettes.

 

A quelques pas de là, on s’activait sur les grandes places de la ville : quelques concerts avaient lieu et déjà la musique résonnait. Un petit tour chez Oberweiss pour prendre un thé bien chaud et puis là encore un nouveau groupe nous enchante avec ses sonorités electro-pop : tandis que la pluie s’abattait sur les quelques parapluies, je prenais la chanteuse en photo, pour garder un petit souvenir de ce groupe déjà signé chez Kitsuné.

 

 

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La jolie chanteuse du groupe Portland


Ce que j’aime retrouver à Luxembourg, pas seulement dans la ville, mais partout dans le pays, c’est l’amabilité des gens, leur gentillesse, leur petit sourire au coin quand on leur demande un service. Parfois, je me dis que pour certaines choses de la vie courante, on nous enverrait balader en France, mais pas dans ce pays. Et cela même jusqu’à la présence d’un bar dans notre chambre d’hôtel où comment se sentir chez soi après une bonne journée de balade.


La nuit, je pensais que nous avions de la chance d’être là, dans ce bel endroit, dans cette ville ou les gens s’amusent, où il y a de la musique, de dormir face à la place Guillaume II. Je pensais déjà au lendemain et 1,2,3, je tombais dans les bras de Morphée.


Le soleil, pas comme s’il en pleuvait mais presque. Grâce à lui, porter un sac à dos est une partie de rigolade : notre sac traversera ainsi les petits chemins glissants où la pluie tomba la nuit d’avant, les endroits inédits cachés derrière les jardins au bord de l’Alzette. Tout était paisible, il n’y a avait pas un chat certes, mais c’était grand et beau, comme ces paysages que l’on distingue à peine dans la région de Vianden… et justement, Vianden, portée sur le flan d’un éléphant peint artistiquement me refera penser à de doux souvenirs dans cette ville où Hugo passa lui aussi quelques jours. L’idée de découvrir d’autres monuments, de revoir de beaux châteaux de Princes et de Princesses me fait tourner la tête. Je pense déjà à d’autres voyages, toujours plus beaux …

 

P1150839.JPGLes beaux éléphants de l'Elephant Parade, exposition d'art en plein air pour soutenir les elephants d'Asie.


Après quelques heures de marche dans une ville où les boutiques de luxe luisent le dimanche, nous nous arrêterons quelques fois pour prendre le temps d’arrêter le temps. D’abord dans l’immense parc de la Pétrusse ou des enfants font un tour de petit train et où nous admirons une fois encore les tulipiers de Virginie d’automne. Se prélasser à cet endroit même me fait tout oublier …  Et puis boire un thé chaud dans un café place de Paris où tous les éléments nous laissent à penser que nous sommes là bas, dans ce vieux Paris … bientôt. Il fait encore beau et j’ai peine à croire que le weekend ne puissent se prolonger plus longuement. Pourquoi les bonnes choses ne passent-elles pas au ralenti ?


Au retour dans le train, je pensais aux bras d’Aurélien d’abord et puis à ce carnet de notes laissé à l’abandon quelque part dans un vieux carton. Je me disais que les quelques pensées passées de ce weekend ne referont jamais surface ici ou là et je m’en désespérais d’avance.  Par chance, ce beau weekend m’a donné de belles idées à écrire, histoire de prolonger ces quelques heures sublimes passées en compagnie de mon amoureux … l’oubli fait bouillir les pensées.

 

 

Elephant Parade

 

 

Publié dans We are free

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Everest

Publié le par Manu

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Quelque part dans mon inconscient, il y a cette image du type qui cherche à repousser ses limites, à aller de l’avant et monte, monte si haut qu’il ne voit presque plus ce qu’il se passe en bas. Consciemment ou non, écouter le nouvel album des Girls in Hawaii, c’est escalader cette montagne mais tout en cherchant à voir par delà les nuages, chercher les limites de l’impossible. Un côté improbable, sombre, impalpable, mais bien là. Un peu comme une présence à laquelle on pense toujours en se demandant pourquoi … pourquoi l’impalpable domine t-il le monde ?

 

Je me souviens de Casper, Flavor ou encore de belles balades sinueuses de From Here to There, posé comme un trophée sur ma chaine hi-fi, cherchant à comprendre ce qui donne d’aussi jolies mélodies … est-ce la Belgique , ses longs paysages que l'on imagine éphémères, est-ce le moment de l’écriture quand l'envie se fait sentir, le choix de l’endroit ou l’on écrit, la patience ou l’impatience d’évoquer de jolies choses ? J’ai l’image d’une vieille baraque inachevée dans le fin fond des Flandres, oui quelque part ou le silence règne, l’ordre et le désordre en simultané et les herbes hautes retranchées. Et je me dis que les Girls ne pouvaient pas trouver mieux …l’autarcie est un doux rêve.

 

J’ai toujours voyagé avec mes cds mais les Girls, eux, ont toujours eu cette facilité à me faire voyager. Je regardais passer les nuages, les paysages et je pensais au monde des Girls, je me demandais si c'était loin, si c'était si incommensurable que çà en avait l'air. Symbolique, apologique, pas qu'un simple disque, un hymne à la nature, au réveil des sens et non pas aux rêves. Je ne sais pourquoi je les aime; sans doute parce qu'on était voisins quelques temps ou juste parce que leur musique est belle de sens.

 

Il ne m’en fallait pas plus pour sauter au cou d’Aurélien lorsque j’ai  découvert l’album caché sous ma nuisette : quelle cachette ! La pochette est belle ; on y découvre une mer démontée qui ressemble fortement à une montagne. A l'intérieur, deux disques. Le nouvel opus du groupe est accompagné de Besides, ces chansons qu'on découvre ou redécouvre un jour où l'autre ....Difficile de ne ressentir aucune émotion. Je repense aux anciens albums, à l'époustouflante batterie de Denis. Ces quelques morceaux nous replongent dans l’époque des Girls de 2004 ou d’après. " Everlasting memory", pourrait être un des titres de l'album mais non... un épitaphe sur une pochette blanche et puis un "Not Dead" qui s'entête.

Voor Ik Vergeet ...<3

 

Et la musique alors ? Inutile de vous faire de longs discours : cet album est magnifique, sombre, beau. J'aime Misses, Not Dead, Mallory's Height, ballade entêtante, ni pop ni electro, de belles sonorités et des effets musicaux intéressants. Et le silence de l'album parfois, j'aime ce silence sur quelques pistes, comme si on ne faisait que frôler les notes, les instruments ...Everest est beau, il donne envie d'écrire même.

 

Il aura fallu attendre pas moins de 5 ans pour enfin découvrir cet Everest … L'Escaut ou l'Everest ? Voir de là-haut comme le monde est beau ... 

 

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Publié dans Let's dance

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