Renée Rivet, Chemin de Fumées

Publié le par Manu

Renée Rivet, Chemin de Fumées

Comme j'aime ce titre ! Chemin de fumées, çà sonne si bien, c'est inspirant, poétique, magique. La magie, définition même de ce magnifique recueil trouvé sur une étagère poussiéreuse des Emmaüs !

Renée Rivet n'est pas très connue dans le monde de la poésie ; elle a pourtant été nommée dans l'anthologie de la poésie féminine française. Renée Rivet est née à Neuilly sur Seine en 1923 et est décédée en 2013. Je n'ai pas beaucoup d'informations à son sujet si ce n'est ces quelques lignes de l'Anthologie :

«  Chaque poème, riche de sensations et d'observations, est un conte, un tableau ou un court métrage enregistrant un instant de la vie pour le conduire vers une surréalité légendaire. »

Renée Rivet Un chat sur un Toit

Le recueil Chemin de Fumées a été édité en 1956. Le lecteur est invité à y découvrir quatre demeures, quatre « passages » de la vie.

J'ai beaucoup aimé cet ouvrage, il est pour moi un recueil des origines, de l'enfance, des histoires que l'on se raconte à soi-même ou à d'autres, ces petites histoires qui font la vie et l'éternel réveil de la poésie que l'on porte en soi.

 

L'Anthologie

À noter que les écrits de Renée Rivet sont difficiles à trouver. Écumez les brocantes, Emmaüs, les endroits où les livres prennent la poussière !

Ce recueil a été publié aux Éditions Seghers.

 

 

Renée Rivet, Chemin de Fumées

 

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Rencontre avec Kama Sywar Kamanda

Publié le par Manu

Rencontre avec Kama Sywar Kamanda

Il ait de ces rencontres dont on ne voudrait rater le moment, comme la venue du poète congolais Kama Sywar Kamanda à Angers, à l'occasion du Printemps des Poètes. Alors certes, la salle n'était pas pleine, on était une poignée de curieux enfoncés dans nos fauteuils avec, bien souvent, un âge fort avancé, mais nous étions là tout de même, par cette volonté d'écouter, d'échanger, de comprendre la poésie d'un autre poète. Et ce poète aujourd'hui, c'était Kama Sywor Kamanda qui nous faisait l'honneur de sa visite.

Il y a un d'abord une chose que je dois dire avant même d'écrire cet article : Monsieur Kamanda a un rire exceptionnel ! ( voilà, c'est dit, j'adore son rire!)

Kamanda est né au Congo, son écriture, son œuvre entière ou presque porte les voix de l'Afrique. Sa poésie contemporaine est reconnue dans le monde entier.

Kama Sywor Kamanda définit la poésie d'aujourd'hui comme un étendard à porter haut et fort, un engagement de toute une génération, de toutes les générations, de toutes les couleurs. Car oui, en effet, la poésie n'a plus de frontières, la poésie vit dans toutes les langues de la planète, la poésie est une valeur universelle et elle n'a pas de prix. En ce sens, Kamanda explique qu'il a fait et qu'il continue à faire le tour du monde, à parler de sa poésie et des autres, de la poésie en général, mais aussi des conflits socio-politiques qui traumatisent son continent, tous les continents. «  Chaque écrivain africain a dû affronter le monstre de son monde. », disait-il. Chaque écrivain doit affronter la société actuelle, mais surtout, sauvegarder la mémoire des mots, des origines, de l'Afrique. Car s'il y a bien un sujet important pour Kamanda, c'est cette question de sauvegarde des mémoires que le présent balaye aujourd'hui «  J'apprivoise la parole des origines », souhaite exprimer Kamanda dans l'un de ses poèmes lu ce jour La Danse des Esprits. L'Afrique, Terre de feu, Terre des Dieux, Terre de rumeurs, la quête de l'abondance.

Kama Sywor Kamanda a reçu de nombreux prix pour son œuvre, mais ce qui compte le plus pour lui, c'est sans doute de continuer ce voyage intérieur qu'il a commencé il y a quelques années déjà, même si pour le moment il n'écrit plus vraiment de poésie.

Le plus important reste le partage, l'écoute, la transmission.

 

La question au poète : «  Comment écrivez-vous ? Avez-vous un bureau ? »

La réponse du poète : «  J'écris dans mon lit ! Tout ce que j'écris, je l'écris dans mon lit ! »

 

Le printemps des poètes, çà continue jusqu'à dimanche … !

 

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Congo

Publié le par Manu

Alain Mabanckou

Le Printemps des Poètes bat son plein et c'est le moment idéal pour découvrir ou redécouvrir les écrits de quelques auteurs. J'ai aujourd'hui choisis Congo d'Alain Mabanckou.

Dans son recueil, Alain Mabanckou évoque son pays, le Congo, paradis perdu de son enfance, à travers les voix de ses ancêtres, les voix des gens du pays, mais des arbres aussi. Il y a cette osmose entre le réel et l'irréel, le sacré, les rituels, les mystères des voix qui entourent les poèmes de l'auteur. Les mystères de la terre demeurent et renaissent, visage après visage, écorce après écorce.

«  Un homme ne meurt pas, il renaît dans un autre lieu. » mots magiques, silhouettes invisibles et « voix [qui] déchirent le silence. ».

Alain Mabanckou interroge le passé de son pays, mais aussi son avenir. «  […] il faut prendre le temps de peser sa détermination […] », car les routes sont parfois sinueuses, les distances immenses. Et que faire des souvenirs, des vieilles maisons vides, où les paroles ne sont plus que des échos aux papiers décrépis ?

Congo Alain Mabanckou

Ce recueil est beau, humble et indissociable, comme ce passage :

« Notre Destin est un entrelacement de végétation,

avec parfois des épines que nous contournons...

Au-delà, il y a peut-être le bonheur qui nous attend. »

 

Alain Mabanckou est poète et romancier. Né au Congo-Brazzaville, il vit aujourd'hui à Los Angeles où il enseigne la littérature francophone. Il est également l'auteur de Verre Cassé et de Petit Piment.

 

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Les Aventurières

Publié le par Manu

Les Aventurières

Nous sommes en 2017 et les femmes dites 'aventurières', ces Indiana Jones au féminin semblent d'une autre ère. Où peut être bien que non ?

Un livre a attisé mon regard dans le rayon d'une librairie il y a peu : Elles ont conquis le monde, de Alexandra Lapierre et Christel Mouchard, sous-titré « Les Grandes Aventurières 1850-1950 ». Le livre comportait cette incroyable photographie monochrome d'Osa Johnson sur un zèbre, image même que l'on se fait d'une aventurière du début du XXème siècle ?

J'ai voulu en savoir un peu plus sur ces femmes qui ont conquis le monde, ces femmes si mystérieuses, captivantes et dont les récits dépassent largement les frontières.

Alexandra David-Neel

L'aventure, c'est la curiosité du monde, la quête de vérité et la désobéissance, écrivent les auteures féminines de ce livre. Désobéir aux codes de la fin du XIXème jusqu'au XXème siècle ( et encore aujourd'hui, non?) qui veux que les femmes soient de bonnes épouses, aient des enfants etc … Pourtant, certaines femmes souhaitent se distinguer, s'émanciper. Elles sont botanistes, ethnologues, géographes … elles sont surtout en mesure de démontrer à tout à chacun ce qu'une femme peut réussir à faire, à vivre, à aller de l'avant et découvrir, comme les hommes, ce que le monde a à nous offrir. Ce sont des femmes qui, lassées de leurs corsets, rêvent et désirent découvrir le monde. Alors elles partent, elles entraînent parfois leur amour dans leurs aventures, vers d'autres horizons que personne ne connaît encore, vers d'hostiles territoires.

En exemple, l'aventurière hollandaise Alexandrine Tinne ( 1835 – 1869 ), dont l'histoire m'a profondément inspiré dans ce livre ( et qui a également inspiré les auteures puisque ce passage est plus long que pour d'autres aventurières).

Alexandrine Tinne

Alexandrine Tinne est née dans une noble famille, elle a une fortune immense et porte le corset lors de ses expéditions. Fidèle à son ombrelle, elle va se lancer dans un voyage aux sources du Nil, celui-ci sera un échec. Pourtant, cette femme courageuse, traversant de nombreuses épreuves comme la perte de ses proches lors d'un voyage, continuera son chemin, accrochée plus que tout à ses désirs, sa rage de fuir la tranquillité d'une vie royale. Alexandrine repart en Afrique, vers Tripoli, au-delà des terres Touaregs, des déserts de sable avec toute son expédition. C'est dans ces déserts hostiles qu'elle perdra la vie, elle, la Sultane Blonde dont la fin tragique est digne d'un grand roman d'aventure.

Au-delà du récit, de l'image que l'on peut se faire d'une grande aventurière comme Alexandrine Tinne, il y a cette soif de Liberté qu'ont eu les femmes depuis toujours, cette soif de l'ailleurs qui guide parfois la vie, les mènent vers un besoin existentiel de savoirs, de connaissances et d'émancipation. Si ces femmes avant 1850 partaient pour des contrées sauvages, c'était non plus pour fuir leur famille, leur mari, mais aussi pour s'inscrire dans le temps, marquer de leurs pas sur le sable la trace de leur passage.

Et aujourd'hui ?

Aujourd'hui les femmes continuent leurs périples, peut être pas à dos de zèbre, mais par d'autres moyens plus modernes. Elles continuent et marchent sur les pas de leurs ancêtres, les grandes aventurières, pour d'autres besoins existentiels, d'autres luttes maintenant et à venir. Parce qu'il y aura toujours des choses à découvrir, à faire, à désirer, à aimer...

 

A lire également: Une expo sur l'exploratrice Alexandra David-Néel

Livre, Elles ont conquis le monde, publié chez Arthaud Poche

Publié dans We are free, Voyages

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