Oiseaux fantômes

Publié le par Manu

Oiseaux fantômes

Mon chat regardait fixement au dehors, il était bientôt 22h. La lune était pleine et animait la cour intérieure de son halo incandescent. Soudain, venu de derrière les toits, un magnifique cortège d'oiseaux fantômes. Il y en avait une centaine qui volaient côte à côte, dans le balaiement du vent, tous blancs immaculés. On aurait dit un rêve éveillé, tant rien ne semblait réél. Ils passèrent en quelques secondes dans le ciel auréolé de rose-orange-violet, s'en allèrent derrière d'autres toits. Mon chat en avait profité pour admirer le ciel étoilé; elle me regardait fixement dans ce carré lumineux que la Lune projetait. Les oiseaux revinrent, moins nombreux, mais toujours teintés de ce blanc, d'un voile transparent. Je pouvais presque sentir leurs battements d'ailes, le souffle du vent qui passait par-delà leurs plumes d'argent. Comme le ciel était beau à présent et comme la nuit s'intensifiait ! Les oiseaux passèrent comme un éclair et ne revinrent plus. Bouche bée, je les regardais s'éloigner; comme des âmes aux ombres projetées.

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Caféine

Publié le par Manu

Caféine

Mon pull à 60% de laine fait du goutte à goutte dans la salle de bain. J'ai abusé de la caféine hier et encore aujourd'hui, tous les jours en fait. Comme au Select où je n'ai pas pu boire mon petit noir … j'ai attendu 15h et la lumière des peintures et sculptures Art Nouveau de la Cigale. C'était beau, toutes ces couleurs, comme si la ville n'était que grisaille et bourdonnement incessant. Les gens, le monde, les gens … où vont-ils ces gens qui courent ? Courent toujours. Le temps est si court et nous courons après lui, sans prendre même la peine de suivre la ligne verte, les ondoiements de l'eau, des canards qui nous regardent. Alors j'ai essayé de prendre le temps, de regarder droit devant, j'ai vu des tableaux, un tableau en particulier. La chasse à la baleine. Cette activité de chasse qui aurait cessé en 1868 … mais qui paraît toujours d'actualité. Chasser la baleine aujourd'hui, c'est chasser un monde dont on ne connaît rien. Comme si ce tableau du début du XXème était en fait plus moderne...où est-ce nous qui n'avançons pas ? A préférer détruire et reconstruire, chercher des intérêts là où il n'y en a pas, des inventions qui n'existent pas ou seulement dans le cerveau d'un surréaliste, à quelques pas de notre table ou le café se déploie, ravive la part des anges.

 

Sommes-nous réellement des surréalistes ?

Caféine

Publié dans Thé ou café

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Aurélien

Publié le par Manu

Aurélien

Un matin de brume, sa silhouette avait disparu. Lui tout entier, de son corps si vibrant, tout avait traversé le nuage perméable après le vent d'Est. Pourtant, au plus profond de moi, je sentais encore la chaleur de ses tendres baisers, la douceur de ses mains dans les miennes. Je l'aime et je l'aimerai, à travers et derrière d'autres mondes enfouis.

Plus loin, j'ai écrit son prénom sur le sable chaud, j'ai dévoré le soleil seul pour me réchauffer car il n'était pas là, ses mains étaient à des années-lumières de ma peau. La nuit tombée, je l'entendais répondre aux étoiles, leur souhaiter une douce nuit et puis ... je m'endormais en pensant à lui. Il retournait à nouveau derrière le rideau de brume, s'évaporait de tout mon être.

Je garde de lui le parfum de sa peau et la douceur de ses yeux d'amoureux.

 

Publié dans Les mots, Mots d'Amour

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Géographie de nos coeurs

Publié le par Manu

Géographie de nos coeurs

Le mur est épinglé de nombreuses photographies, de nous, de tout. C'est la géographie de nos coeurs, ces grands voyageurs. L'ensemble forme un escalier, des marches comme une ascension vers une colline, le monument qui prend la forme d'un crayon. L'image la plus haute à droite, plus proche du coeur, raconte le départ, impossible départ pourtant si proche, le regard au lointain, vers l'avenir. Un peu plus loin, la famille, le questionnement. Partir, où ? Pourquoi nous quitter ?

Il y a cette part de mélancolie dans ces photos, pourtant pleines de sourires. Car derrière les sourires de circonstances, parfois le manque s'installe, la colère aussi. La distance n'a jamais été un frein, mais plutôt une tempête qui secoue les coeurs, les fragilise. Et puis il y a le départ, vers l'amour toujours, la terre nouvelle. Ne faut-il pas un jour partir pour se renouveller ?

Voilà toute l'histoire de ma vie. Voilà mon voyage et mon avenir qui se dessine sur un autre mur, fait de mots hasardeux, de dessins d'amoureux, d'épingles à cheveux. Dessous ces souvenirs, un manuscrit oublié dans un tiroir de plastique transparent.

Publié dans Les mots, Mots d'Amour

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