entre les lignes

Là-bas

Publié le par Manu

Là-bas

Tout là bas me donnait envie d'y rester, même les sols gris lavés de poussière. Même les nuages aux épaisses fumerolles. Jamais je n'oublierai d'où je viens, des maisons de briques rouges, des carillons qui sonnent comme une comptine éternelle.

Puis ce jour, ou la vie devait être autre et ailleurs, loin de mes prairies, de mes douces nuits. Je suis tombée fragile, comme une baguette de verre qui se plie sous le souffle chaud d'un souffleur de verre. Je suis devenue comme poussière parmi tant d'autres. Nuisible et fantôme à la fois, frêle et monotone de longs mois.

Pourtant, il y avait toutes ces photos accrochées sur un pan de mur, oubliées quelques fois par le regard cerné d'écrans noirs. Que devient-il du nous ? Comme perdu dans un autre monde, perdu dans un univers qui n'est pas le sien, existant parce qu'il le faut, sans autre raison. Il n'y a de résonnance que dans le cœur de l'amant qui veille …

 

J'avais envie d'écrire sur cet oubli du moi aux confins de l'Avesnois. Cette envie profonde d'y retourner parce que c'est là-bas que mon cœur est resté. Mon cœur d'enfant, expulsé de sa fragile carapace. Mon cœur d'adolescente, vidé de ses longs ruisseaux qui conduisent aux plus beaux paysages.

 

Parfois, pour ne pas l'oublier, mon cœur d'adulte de la ville se referme et s'isole. Il devient triste et morne, parfois dépressif et se tourne vers les photos d'avant : il vit encore ! Les valves s'ouvrent et le ruisseau jaillit : les veines sont inondées de ce sang nouveau qui s'agite, ce chant étrange qui provient de là-bas et qui expire tout bas «  La vie est là, simple et tranquille. »

 

 

Publié dans Entre les lignes

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La fin d'un jour

Publié le par Manu

La fin d'un jour

Dans la nuit, face au fleuve d'argent.

Il y a ces ombres qui passent, ces camions chargés d'ombres, enjambant l'or dilué des étoiles.

Peut-être vont-ils à Ungava, le pays le plus lointain. Là où le temps reste à jamais gravé sur les os.

Là d'où ils viennent, où ils vont, il n'y a qu'un ciel et nous vivons tous en-dessous.

 

Le départ d'un ami proche m'a donné envie d'écrire. Comme avant. D'expulser mes angoisses, de faire briller ce qui n'a plus de nom. Plus de corps. Plus d'âme peut-être ... 

 

Dans ce dernier message écrit sur papier, tu disais «  Salut, mais c'est pas encore fini, il y a encore demain. » 

Alors demain et tous les jours d'après, je continuerai d'écrire, comme avant, je t'écrirai l'infini...

 

 

 

Publié dans Les mots, Entre les lignes

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Rêve inexplicable

Publié le par Manu

Les Sables d'Olonne

Mon existence est plurielle. Indécise et évanouie dans le bruit des vagues qui ne s'oublient. Quelque chose à changé depuis quelques jours, quelques semaines, des mois peut-être. Mon visage se fige, les traits sont plus marqués, je vieillis avant 30 ans. Je vieillis comme le chêne qui s'envole haut dans le ciel. Son écorce est dure et craquelée, belle et singulière. Les rêves me parlent de nouvelle naissance, de renaissance. L'envie est inexplicable, au fond, les profondeurs sont toujours aussi impénétrables. Ma mère me dit d'aller plus loin, de continuer, d'avancer.

Au sommet, il n'y avait plus de porte, plus qu'un mur blanc et la route qui serpentait à travers la vallée. Le labyrinthe de ma vie, de mes entrailles.

 

Publié dans Entre les lignes

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Rencontre avec Kama Sywar Kamanda

Publié le par Manu

Rencontre avec Kama Sywar Kamanda

Il ait de ces rencontres dont on ne voudrait rater le moment, comme la venue du poète congolais Kama Sywar Kamanda à Angers, à l'occasion du Printemps des Poètes. Alors certes, la salle n'était pas pleine, on était une poignée de curieux enfoncés dans nos fauteuils avec, bien souvent, un âge fort avancé, mais nous étions là tout de même, par cette volonté d'écouter, d'échanger, de comprendre la poésie d'un autre poète. Et ce poète aujourd'hui, c'était Kama Sywor Kamanda qui nous faisait l'honneur de sa visite.

Il y a un d'abord une chose que je dois dire avant même d'écrire cet article : Monsieur Kamanda a un rire exceptionnel ! ( voilà, c'est dit, j'adore son rire!)

Kamanda est né au Congo, son écriture, son œuvre entière ou presque porte les voix de l'Afrique. Sa poésie contemporaine est reconnue dans le monde entier.

Kama Sywor Kamanda définit la poésie d'aujourd'hui comme un étendard à porter haut et fort, un engagement de toute une génération, de toutes les générations, de toutes les couleurs. Car oui, en effet, la poésie n'a plus de frontières, la poésie vit dans toutes les langues de la planète, la poésie est une valeur universelle et elle n'a pas de prix. En ce sens, Kamanda explique qu'il a fait et qu'il continue à faire le tour du monde, à parler de sa poésie et des autres, de la poésie en général, mais aussi des conflits socio-politiques qui traumatisent son continent, tous les continents. «  Chaque écrivain africain a dû affronter le monstre de son monde. », disait-il. Chaque écrivain doit affronter la société actuelle, mais surtout, sauvegarder la mémoire des mots, des origines, de l'Afrique. Car s'il y a bien un sujet important pour Kamanda, c'est cette question de sauvegarde des mémoires que le présent balaye aujourd'hui «  J'apprivoise la parole des origines », souhaite exprimer Kamanda dans l'un de ses poèmes lu ce jour La Danse des Esprits. L'Afrique, Terre de feu, Terre des Dieux, Terre de rumeurs, la quête de l'abondance.

Kama Sywor Kamanda a reçu de nombreux prix pour son œuvre, mais ce qui compte le plus pour lui, c'est sans doute de continuer ce voyage intérieur qu'il a commencé il y a quelques années déjà, même si pour le moment il n'écrit plus vraiment de poésie.

Le plus important reste le partage, l'écoute, la transmission.

 

La question au poète : «  Comment écrivez-vous ? Avez-vous un bureau ? »

La réponse du poète : «  J'écris dans mon lit ! Tout ce que j'écris, je l'écris dans mon lit ! »

 

Le printemps des poètes, çà continue jusqu'à dimanche … !

 

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