les mots

Noël

Publié le par Manu

Noël

Noël, c'est pour les adultes.

Mon père m'a raccroché au nez. Quelques secondes plus tôt, il a exprimé le fait que son petit-fils avait «  déjà assez de choses comme çà, pas la peine d'en racheter. ». Je n'ai pas eu le temps d'ajouter quoi que ce soit. Il était fermé, comme d'habitude, prêt à en découdre avec sa propre fille, remettant à sa place l'histoire de notre famille, nos Noël passés. A la place des jouets pour mon fils, ma mère m'avait envoyé un coffret de parfum qui sent bon les toilettes et un pyjama au motif enfantin. Tout cela sans emballage, ou plutôt, dans des sacs plastiques réutilisables. Merci pour l'écologie, pour la magie, on repassera !

Je me demandais comment pouvait-on à ce point oublier un bébé de 8 mois et ne pas penser à lui. Ne pas penser à son tout premier Noël, même s'il n'en a pas conscience, mais au moins, se réjouir de ce moment ensemble, ce moment de partage.

Noêl, cela me semble être pour les adultes, pour ceux qui font une liste deux mois à l'avance et qui font la gueule quand ils ne reçoivent pas ce qu'il y a sur cette foutue liste. Noël, c'est pour ceux qui ont oublié qui ils étaient avant ; des enfants, des touts petits enfants aux yeux qui pétillent.

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Pourquoi l'écriture

Publié le par Manu

Pourquoi l'écriture

Il m'est souvent arrivé de me poser cette question : «  Pourquoi écrire ? ». J'écris depuis longtemps ; j'avais 10 ans et j'écrivais des histoires de détective dans le jardin de mes parents. Je ressentais le besoin d'écrire, peut-être par ennui, peut-être parce que je voulais m'inventer un autre monde.

Les années passèrent … Au lycée, j'ai compris qu'il me fallait donner un sens à mon écriture : elle devenait vitale. Tous mes souvenirs revenaient à cette époque, j'écrivais énormément sur la maison de mes grands-parents. Cet endroit, j'ai l'impression que c'est un peu les racines de mon écriture, de ce long monologue. A travers les souvenirs de mon enfance, j'ai construit une entité, une muraille aussi. J'ai eu des moments de doute, des moments d'écriture précaire, des souvenirs brutaux, des oublis, des moments douloureux. Je suis devenue une sorte de passe-muraille de mes souvenirs. Une passoire aussi. Mon écriture se nourrit essentiellement de mélancolie. Je n'ai jamais vraiment pu écrire un beau texte ' gai '. D'ailleurs, j'écris souvent lorsqu'il fait gris, froid et pluvieux … mes racines encore !

Je ne pense pas que l'on vienne à l'écriture par accident : c'est un défouloir, une psychanalyse bien souvent. C'est l'écriture qui vient à nous, qu'on le veuille ou non.

Parfois, je me demande aussi si l'on est bien qui l'on est lorsqu'on écrit. Il y a toujours cette part de nous même qui se cache derrière des mots, derrière des images ...à la manière d'un iceberg. Une part de nous même est immergée, personne ne s'en doute, pas même nous-même. Une sorte de ' moi ' refoulé qui ignore tout du reste.

Peut-être bien que c'est ce ' moi ' intérieur, intrépide et ineffable qui m'obsède tant. A l'origine, ce quelque chose qui surgit, ce qui n'a pas de nom, natif de jadis.

 

🎧 Ci-dessous, Get Well Soon avec un titre très personnel. 

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Horizon

Publié le par Manu

Horizon

Océan turquoise,

Terre prétendue,

A l'horizon -

Le roi de cœur vient d'accoster,

Une bouteille à la mer,

Protection et affection.

 

Je serai ta pleureuse,

Au bout de cet océan de larmes,

A jamais ta pleureuse,

Dans cet océan de couleurs

 

Ce jour était étrange. Il avait une résonnance toute particulière; c'était un jour sans.

Ou bien une esquisse d'un monde nouveau.

 

[ - ϔΞϑ - ]

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La forêt

Publié le par Manu

La forêt

Tes mots sont des pointillés qui vivent de l'infini. Ils raisonnent encore sur ce chemin que nous avons foulés ensemble. Ces allées de ronce et de sapins, sous la pluie s'enfuyant sur notre front. Je me souviens de l'arbre immense ... nous marchions, simplement, sur un passage synonyme. Les mots se couchaient sur la terre et le soleil s'en emparait pour les réchauffer. Ils gelaient parfois, s'effritaient et disparaissaient en hiver. La glace venait les recouvrir.

Sur l'arbre du parc, les cendres de l'écureuil ont fait revivre une forêt immense. Infiniment vivante, de tes mains soulevant le soleil, l'or des étoiles, l'immensité des ombres et leurs ombrelles, les silences … de tes mains. Tout est revenu après le vent qui t'a emporté. J'ai laissé coulé les larmes après deux lunes mélancoliques. Un ruisseau de pierre de lune et de tendres paillettes est venu recouvrir les pointillés.

 

Pour Romuald. 

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