poesie du dedans

White Satin

Publié le par Manu

White Satin

Mon corps ruisselait de toute part. Comme s'il voulait extraire une chose en moi. Comme une rivière agitée, un torrent dévalant les pentes arides, le long de mes formes, de mes veines. Et ce sang qui s'agite, ces ridules soigneusement irriguées sur mon visage, comme si la vie me surpassait, telle une vague gigantesque. Mon corps changeant, sous mon sein juste là, un autre cœur qui bat. Je l'entend la nuit, quand, les lueurs du jour atteignent le plafond immaculé de la chambre. Il tente de s'extirper peut-être de ce corps meurtri. De cette vague d'intentions divergeantes. Ce boulevard des idées, comme refoulé au terme d'une longue attente. Comme la nuit me paraît longue, étouffée sous ce lit conjugual. Pourtant, mes mains l'entourent, le bercent, le convoitent. Elles l'attendent, douces et frêles, fragiles comme les jours que l'on cueille continuellement. Elles ressentent l'amour, l'abondance d'une vie qui va naître. Dans une chambre jaune, face à l'arbre sur la colline.

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Sea, i'm like you,

Publié le par Manu

Sea, i'm like you,

L'océan était au bord de mes pensées, s'y jetait et les pénétrait sans secret. Il y avait là les armures des années, les songes extrapolés et le sang de l'exil. Pourquoi était-ce si dense ? Pourquoi tant de remous ? L'écume de la mer recouvrait à présent mes entrailles et les entrainait vers les dunes serpentées. Il y avait là une lumière abstraite et profonde, sans dissonance.

C'est comme si tout de moi devenait sable, devenait coquillage, devenait sel. Et tout le reste, ce que mes tissus si fragiles pouvaient encore toucher, étaient inexistants.

Comme un écho.

Un secret.

Une sensation d'être ourlée d'écumes étoilées.

 

Inspiration: Les Sirènes de Guillaume Apollinaire

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Mélopée.

Publié le par Manu

Mélopée.

Les ciselures du littoral venaient découper le ciel d'un bleu magnifique. Le vent s'évadait dans la dune, douce et brillante, faisant fi des ombres dansantes sur le sable. Les dieux s'étaient assoupis, le temps d'une éternité, entre les vagues galopantes et les herbes hautes des montagnes dorées. Tout était silence. La mélopée de l'océan, monotone et divine, semblait gravée dans l'air, effleurer les roches et disloquer les grains de sable.

Était-ce la fin d'un jour ou le début d'un tout ?

Le ciel était semblable aux poussières d'étoiles qui se déposent si délicatement sur les flots. Comme un souffle lointain, comme une équinoxe limpide et brillante, filante.

Je me suis souvenue de ce rêve hier pour l'oublier aujourd'hui.

 

 

Publié dans Poésie du dedans

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Nourrir le Monde

Publié le par Manu

Nourrir le Monde

Il y a quelques semaines, j'ai voulu changer radicalement de profession. Je m'en souviens … j'étais le dos au mur, je regardais en l'air, j'étais bloquée, mes pensées étaient en l'air. Tout paraît et disparaît. J'avais accroché toutes ces photographies au mur, j'avais épinglé des bouts de ma vie sur un tableau de liège et j'ai compris … j'ai compris que ce que je cherchais depuis tout ce temps était là, sous mes yeux, dans mes souvenirs aussi.

Travailler avec et pour la Nature. Travailler lentement mais sûrement, travailler autrement, apprendre de la terre, apprendre de ce qui nous entoure, apprendre de la vie. Parce qu'elle est partout cette vie, parce qu'elle est en nous, c'est une petite lueur.

Je me souviens de cette école qui dit «  Nourrir le monde d'intelligence ! ». Je trouvais çà un peu gros, il n'y a pas que l'intelligence qui nourrit ce monde, il y a le savoir être et savoir faire, il y a la façon de vivre la terre, de la faire vivre ou revivre, il y a ce cheminement, presque vital et quelque part un peu mystérieux à apprendre.

Apprendre. Lire. Écouter. Parler. Voir... Le jour, je pense à mon projet, la nuit, je pense aux plantes, à la terre. Je repense à ce que j'ai lu, je repense à mes souvenirs …

J'avais un grand-père jardinier et mes autres grands-parents avaient un petit jardin ou énormément de choses poussaient. Je me souviens surtout de la petite serre à côté des groseilles, du cerisier et de l'énorme tas de compost. Je me souviens des odeurs, de mes explorations dans le jardin des merveilles.

Alors aujourd'hui, je rêve de ce jardin aux merveilles. Des beaux légumes, des fleurs partout pour les pollinisateurs, des fruitiers comme barrières naturelles, de la reine des près, ma plante préférée, des produits de mon jardin pour tout le monde, pour nourrir le monde.

 

Le chemin est encore long jusqu'à ce rêve, il reste tout à faire, à créer, à apprendre surtout. J'ai tant à apprendre ...

Nourrir le Monde
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