reve

Peau de lune

Publié le par Manu

"Laisser la nuit glisser sur ma peau. Avec le souvenir du froid de la lune. De l'eau ridée qui étincelle en paillettes."

Yanick Lahens, Bain de Lune

 

Quelque chose m'a réveillé dans la nuit. Ce n'était pas le miaulement de mon chat, ni même le souffle chaud de mon fiancé. C'était le temps d'avant. Je n'en suis plus vraiment certaine. Il y avait cet homme qui dormait dans le parc. Il avait trouvé refuge sous un grand prunier. Personne ne savait ou il dormait, mais un jour, l'homme qui gardait les lieux l'a retrouvé, plus endormi que jamais sous le grand prunier. Les fruits avaient la couleur de la nuit noire, leur sucre attirait les guêpes, les fourmi, les petits êtres qui se cachaient maintenant sous le cadavre de l'homme sans nom.

J'ai fais ce rêve cette nuit et d'autres ensuite. Il y avait de l'amour et de la haine, de la violence et du dépit.

C'était comme me souvenir des mots susurrés à mon frère, sans l'ombre d'un doute. C'était comme vouloir oublier sans vraiment y arriver.

Je n'écrirai pas là-dessus. Pas aujourd'hui, pas demain. Les mots sont noirs et indéfinissables.

Publié dans Les mots, Rêve

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D'une goutte de pluie

Publié le par Manu

The Underwater Museum: The Submerged Sculptures of Jason Decaires Taylor

The Underwater Museum: The Submerged Sculptures of Jason Decaires Taylor

Tout est parti d'une goutte de pluie.

La nuit était tombée sur le grand océan. Nous nagions depuis des heures à la recherche des étoiles scintillantes, celles qui ne se devinent qu'à la nuit tombée. Jadis ici, il y a avait un immense centre commercial. Aujourd'hui, on ne distingue plus que le toit du grand bâtiment rouge, éclairé par la lune. Tout au fond de l'océan, il y a encore les chariots enchaînés, le tracé blanc des places de parking, les hauts lampadaires qui ne brillent plus.

Les hommes sont devenus des poissons, des sirènes, des créatures d'autres contrées. Nous cherchons tous l'éclat des étoiles dans les limbes des abîmes, elles sont notre vie, elles nous régénèrent. Parfois, les autres trouvent des étoiles bleues ou rouges; nous ne pouvons pas les ramener car elles ne sont pas comestibles. Alors les autres jouent avec ces étoiles, ils les jettent sur les corps flamboyants: les étoiles s'agrippent à même la peau et forment d'étonnants dessins.

La nuit s'envole. Le jour va éclore et déjà, nous devons repartir. Sous nos nageoires, nous quittons le monde englouti qui n'a plus de bruit.
 

- - -

Dans la forêt, il y avait une petite maison où tous les murs étaient peints d'une fresque. Chaque mur avait ses couleurs, ses légendes. Un jour, il fallut se dépêcher et quitter les murs de la petite maison car le vent arrivait. Il y eut une grande tempête; les sapins zigzaguaient dans la nuit, c'était effrayant et la petite maison devait en trembler. Puis la pluie ne cessa de tomber, des gouttes d'eau à n'en plus finir. Bientôt, la forêt devint une mangrove ou la vie avait disparu. Les arbres étaient solitaires, leurs racines ensevelies dans les profondeurs cherchaient la vie éternelle. Mais un jour, le vent souffla tous les airs des continents à la dérive et les arbres tombèrent, un à un, disparurent dans l'immensité aquatique. Les troncs des conifères, les uns contre les autres, formèrent un grand mur de bois flotté. De jour en jour, ils s'entrelacèrent jusqu'à former de nouvelles fondations, des pans de bois épais d'où dépassaient quelques tiges éparses, des fleurs où les oiseaux de passage se reposaient. Ces arbres devinrent la première autre petite maison sur l'océan. Voilà comment tout à commencé.

 

Pour continuer à rêver ... Jason de Caires Taylor

Publié dans Rêve

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Nourrir le Monde

Publié le par Manu

Nourrir le Monde

Il y a quelques semaines, j'ai voulu changer radicalement de profession. Je m'en souviens … j'étais le dos au mur, je regardais en l'air, j'étais bloquée, mes pensées étaient en l'air. Tout paraît et disparaît. J'avais accroché toutes ces photographies au mur, j'avais épinglé des bouts de ma vie sur un tableau de liège et j'ai compris … j'ai compris que ce que je cherchais depuis tout ce temps était là, sous mes yeux, dans mes souvenirs aussi.

Travailler avec et pour la Nature. Travailler lentement mais sûrement, travailler autrement, apprendre de la terre, apprendre de ce qui nous entoure, apprendre de la vie. Parce qu'elle est partout cette vie, parce qu'elle est en nous, c'est une petite lueur.

Je me souviens de cette école qui dit «  Nourrir le monde d'intelligence ! ». Je trouvais çà un peu gros, il n'y a pas que l'intelligence qui nourrit ce monde, il y a le savoir être et savoir faire, il y a la façon de vivre la terre, de la faire vivre ou revivre, il y a ce cheminement, presque vital et quelque part un peu mystérieux à apprendre.

Apprendre. Lire. Écouter. Parler. Voir... Le jour, je pense à mon projet, la nuit, je pense aux plantes, à la terre. Je repense à ce que j'ai lu, je repense à mes souvenirs …

J'avais un grand-père jardinier et mes autres grands-parents avaient un petit jardin ou énormément de choses poussaient. Je me souviens surtout de la petite serre à côté des groseilles, du cerisier et de l'énorme tas de compost. Je me souviens des odeurs, de mes explorations dans le jardin des merveilles.

Alors aujourd'hui, je rêve de ce jardin aux merveilles. Des beaux légumes, des fleurs partout pour les pollinisateurs, des fruitiers comme barrières naturelles, de la reine des près, ma plante préférée, des produits de mon jardin pour tout le monde, pour nourrir le monde.

 

Le chemin est encore long jusqu'à ce rêve, il reste tout à faire, à créer, à apprendre surtout. J'ai tant à apprendre ...

Nourrir le Monde
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Soleils

Publié le par Manu

Grèce, Corinthe

Un matin, je me suis noyée sur les bords d'une mer salée.

Le dos courbé aux vagues, je me laissais flotter. J'avais emprisonné en mes mains le souffle du vent des sables chauds, des paillettes couleur d'argent. Je les laissais s'envoler vers d'antiques vallées, là où les Dieux vivent à jamais.

Je rêvais, je nageais dans les eaux limpides, face au ciel, aux soleils.

 

Souvenirs de Grèce, 2014

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