Metz et l'art conceptuel

Publié le par Manu

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Sur la carte de Météo France, il y avait un gros soleil pointé sur la Lorraine. Alors on s'est dit, pourquoi ne pas aller du côté de Metz, une ville qui ne nous plaisait pas forcément mais dont on ne connaissait pas grand chose.

Dans le train de 7h, il n'y avait pas grand monde. Le soleil n'était pas là, d'ailleurs, nous ne le verrons jamais de la journée. Arrivés à Metz, on découvre une gare un peu vieillotte de l'intérieur, sympa architecturalement parlant de l'extérieur mais en pleins travaux. Nous divaguons dans les rues peu empruntées, il est 9h30.

Nous arrivons devant la cathédrale, toute jaune et grise et nous ne rentrerons pas. Je ne sais pas trop pourquoi d'ailleurs. Peut être qu'elle ne nous donnait pas très envie. Il y a là quelques passants qui regardent le ciel gris, des touristes perdus qui cherchent la place sur une carte, des cafés et restaurants et puis le marché couvert que nous empruntons.

Le marché est en forme de U et beaucoup de gens se pressent devant les étals de fruits et légumes, de poissons et viandes en tous genres. Le n°17 a un chapeau marron et un imperméable gris. Le boucher parle d'un morceau de viande avec un client... " C'est meilleur que le cheval, moi je vous le dis ! ". Il y a une bonne ambiance ici même si nous ne nous éterniserons pas.

Un petit moment dans une librairie face au marché. Mon Papa aime Tintin et je viens de flasher pour une carte postale aux couleurs de Hergé. Je n'ai plus qu'à trouver quoi y écrire ...

 

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Dans une rue adjacente, je m'arrête pour prendre en photo la vitrine de T.DECKER, un vieux magasin de vieilleries avec des cartes postales anciennes de Metz juste devant moi. Le bonheur ! Le magasin est fermé, dommage.

Nous prenons une impasse pour changer des rues encombrées de camions de livraisons et nous arrivons face au temple Neuf. Quelques cygnes se promènent le long des rives de la Moselle et auraient bien voulu quelques bouts de pain. Le pont des Roches et puis un petit tour autour du temple qui nous paraît un peu triste. J'y verrais bien le promeneur solitaire y divaguer en narguant les pigeons.

Nous continuons par quelques petites rues et revenons sur nos pas pour manger dans un restaurant italien. L'ambiance était sympa et les toilettes étaient grandioses ! La musique classique avec des carreaux rouges et des rideaux noirs ... bon, on se croirait presque au Sexodrome mais tout de même ! Mes lasagnes étaient bonnes, reste que le questionnement est toujours le même: " Quelle viande est-ce ? " Oui mais on ne vit plus si on pense à tout çà.

Aurélien n'était pas seulement venu à Metz pour revoir la ville grise, mais également pour faire un tour à la boutique du FC METZ (aller, aller ! ), en footeux exemplaire je dirais. Oui mais voilà, manque de chance, la boutique était fermée, pile le jour où nous venons. C'est quand même fou.

 

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Les minutes qui suivirent, nous prime la route du Centre Pompidou. De la gare, nous l'avions aperçu, ce truc blanc aux formes étranges. Je me disais que, certes, c'est de l'art moderne, mais parfois, l'art moderne çà peut être sympa à voir.

L'art moderne commence en effet sous nos pieds. Sur le chemin qui mène au centre, des petits bouts de verre orange, rouge et jaune parsèment le goudron. C'est sympa, çà me rappelle un chemin en forêt, près d'une ancienne verrerie.

 

A l'entrée, deux personnes devant nous apprennent qu'il y a une exposition supplémentaire et que du coup, c'est plus cher. Le billet pour un adulte de moins de 26 ans est tout de même à 10€ . Pour ma part, je n'ai pas été embêté puisque j'ai eu la gratuité ( oui, je suis encore jeune et rien que pour çà, je suis contente d'aller voir des musées !) mais Aurélien, lui, il a du payer une blinde. Je vous parlerais en fin d'article ce que je pense de ce prix mais pour le moment ...

La première salle, en rez de chaussée, l'expo "Parade" jusqu'au 18 mars. Il s'agit d'une expo documentaire centrée sur la rideau de scène "Parade" peint par Pablo Picasso. On découvre la genèse du ballet, pourquoi ce ballet et comment cela s'est déroulé du XXème au XXIème siècle.


Au niveau 1, " Une brève histoire de lignes". Tout est dans le titre de l'exposition, il s'agit de lignes en tous genres, de nombreux artistes exposés mais tout cela ne m'a pas semblé très bref. Étudier les lignes pour étudier les Hommes, la vie des Hommes ... oui, si l'on veut. J'ai vu des schémas mathématiques, moi en tant que littéraire, çà me parlait plus qu'une ligne peinte en noir sur un cadre blanc. M'enfin, il parait que l'art est partout.


Au niveau 2, les dessins muraux de Sol Lewitt de 1968 à 2007. Un défilé de noir et blanc, de dessins en tous genre sur les murs, racontant quelque chose ou pas, c'est comme on veut. Il s'agit là d'art conceptuel, de dessins conséquents ( 1200M² requis tout de même) jamais exposé ailleurs en Europe. Nous avons parcouru très très rapidement cet étage car certains des dessins font assez mal aux yeux. Je me demande encore ce que cela peut bien représenter et je n'ai pas trouvé de réponse sur le site du Centre Pompidou.


Au 3ème étage enfin, il n'y avait plus rien, l'exposition était en démontage. On a pu ainsi faire les guignols tout en haut du centre en prenant des clichés débiles mais qui nous ont bien faire rire. C'était un des moments les plus rigolos de cette visite !

 

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Pour vous dire franchement ce que je pense de ce centre Pompidou: c'est sans intérêt. Pour moi, tout ce que j'ai vu était de l'art conceptuel. Certes, je ne suis pas très sensible à ce genre d'art, mais il m'arrive de trouver telle ou telle oeuvre attirante parfois mais là, rien.

"Parade", j'ai trouvé çà bref et sans vraiment de consistance; les lignes, j'ai trouvé çà risible, surtout quand Aurélien m'a montré une "oeuvre" qui ressemblait à s'y méprendre à une carte " Vous êtes ici", ou encore avec cette ligne juste tracée sur un panneau blanc... Peut-on vraiment appeler çà de l'Art ? ( à ce moment, à partir de quel moment peut-on parler d'Art ? ... la question qui revient souvent dans les sujets de Philosophie au lycée !), quelle utilité ? Qu'est ce que les gens ressentent devant ces " trucs" ? Et comme disait Aurélien, le pire, c'est que l'on paye pour voir ces trucs là. Je pense aux tableaux de mon grand-père, aux aquarelles de mon papa, aux beaux tableaux des parents d'Aurélien et je me dis que se sont eux les artistes.


L'Art pour moi, c'est quelque chose qui doit réveiller en nous une certaine passion, une envie d'en voir plus, d'en savoir plus. C'est un questionnement sans limites, c'est l'accès aux rêves, aux libertés. L'Art, çà doit me parler, çà doit être vivant. Une ligne, c'est quelque chose que je voudrais fuir. Je n'ai jamais su tirer un trait correctement, même avec une règle et je ne comprend pas ce jeu de lignes, je ne vois pas à quoi cela peut bien servir.

Sans doute d'autres personnes y verront une part de rêve, une part de vie, je ne sais pas ... libre à chacun d'aimer ou non.

Libre à chacun aussi de dessiner sur des murs de longs monologues sans fin, des séries complètes ou incomplètes de dessins à déchiffrer, à définir. Des cercles infinis, des carrés d'une envergure improbable, des lignes encore ... mais pourquoi ? Serait-ce pour définir l'inexactitude des choses, ou bien encore que tout prend une forme, qu'on le veuille ou non, tout rentre dans un moule, un truc rond dont on ne peut plus se défaire.

Peut être aussi que le propre de l'artiste conceptuel est de ne rien définir ou de se poser des questions à tors et à travers, d'hésiter toujours et à la fin de se dire: " Et puis merde, y'aura bien des gens pour comprendre ce que j'ai fais, y'aura bien des gens pour venir voir mes lignes. "

 

On a reprit le même chemin, une ligne qui n'a pas de sens ni de longueur, on a suivi un long tunnel en enfilade et puis on a vu des horaires s'afficher en ligne sur le panneau. Dans le train, les lignes défilaient, les rails ont toujours été d'une droiture contradictoire. On dirait que tout est fait de lignes, que nous aussi peut être, nous ne sommes que des lignes superposées les unes aux autres, un schéma mathématiquement incorrect dont on s'évertue à comprendre chaque jour qui défile.

 

 

 

*-* Merci à Aurélien pour cette journée assez dingue, très rigolote même parfois ! Je me souviendrais aussi des photos dans les escaliers ... des lignes d'escaliers !

 

 

 

 

J'ai une petite pensée pour Stephane Hessel qui vient de disparaître. Je l'avais revu dans une émission il n'y a pas longtemps et ce grand monsieur, toujours passionné et passionnant, nous a laissé un message: ne pas rester inactif, se mobiliser pour faire entendre et comprendre nos idées, la valeur de nos libertés. Stephane Hessel a su insuffler son courage pour défendre de nobles causes et pour tout cela, nous lui devons beaucoup.

Publié dans We are free

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Ton ChaMetzou 02/03/2013 21:05

Sacré billet ! Tu ressasses bien cette journée particulière, surtout l'après-midi au centre Pompi-lol ! Reste que c'était agréable de me promener avec toi...

Manu 03/03/2013 11:29



Merci mon ChaMetzou pour cette jolie journée très Pompi lol ! Ah le soleil, enfin !