7 articles avec poesie du dehors

Nourrir le Monde

Publié le par Manu

Nourrir le Monde

Il y a quelques semaines, j'ai voulu changer radicalement de profession. Je m'en souviens … j'étais le dos au mur, je regardais en l'air, j'étais bloquée, mes pensées étaient en l'air. Tout paraît et disparaît. J'avais accroché toutes ces photographies au mur, j'avais épinglé des bouts de ma vie sur un tableau de liège et j'ai compris … j'ai compris que ce que je cherchais depuis tout ce temps était là, sous mes yeux, dans mes souvenirs aussi.

Travailler avec et pour la Nature. Travailler lentement mais sûrement, travailler autrement, apprendre de la terre, apprendre de ce qui nous entoure, apprendre de la vie. Parce qu'elle est partout cette vie, parce qu'elle est en nous, c'est une petite lueur.

Je me souviens de cette école qui dit «  Nourrir le monde d'intelligence ! ». Je trouvais çà un peu gros, il n'y a pas que l'intelligence qui nourrit ce monde, il y a le savoir être et savoir faire, il y a la façon de vivre la terre, de la faire vivre ou revivre, il y a ce cheminement, presque vital et quelque part un peu mystérieux à apprendre.

Apprendre. Lire. Écouter. Parler. Voir... Le jour, je pense à mon projet, la nuit, je pense aux plantes, à la terre. Je repense à ce que j'ai lu, je repense à mes souvenirs …

J'avais un grand-père jardinier et mes autres grands-parents avaient un petit jardin ou énormément de choses poussaient. Je me souviens surtout de la petite serre à côté des groseilles, du cerisier et de l'énorme tas de compost. Je me souviens des odeurs, de mes explorations dans le jardin des merveilles.

Alors aujourd'hui, je rêve de ce jardin aux merveilles. Des beaux légumes, des fleurs partout pour les pollinisateurs, des fruitiers comme barrières naturelles, de la reine des près, ma plante préférée, des produits de mon jardin pour tout le monde, pour nourrir le monde.

 

Le chemin est encore long jusqu'à ce rêve, il reste tout à faire, à créer, à apprendre surtout. J'ai tant à apprendre ...

Nourrir le Monde

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Soleils

Publié le par Manu

Grèce, Corinthe

Un matin, je me suis noyée sur les bords d'une mer salée.

Le dos courbé aux vagues, je me laissais flotter. J'avais emprisonné en mes mains le souffle du vent des sables chauds, des paillettes couleur d'argent. Je les laissais s'envoler vers d'antiques vallées, là où les Dieux vivent à jamais.

Je rêvais, je nageais dans les eaux limpides, face au ciel, aux soleils.

 

Souvenirs de Grèce, 2014

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Rencontre avec Kama Sywar Kamanda

Publié le par Manu

Rencontre avec Kama Sywar Kamanda

Il ait de ces rencontres dont on ne voudrait rater le moment, comme la venue du poète congolais Kama Sywar Kamanda à Angers, à l'occasion du Printemps des Poètes. Alors certes, la salle n'était pas pleine, on était une poignée de curieux enfoncés dans nos fauteuils avec, bien souvent, un âge fort avancé, mais nous étions là tout de même, par cette volonté d'écouter, d'échanger, de comprendre la poésie d'un autre poète. Et ce poète aujourd'hui, c'était Kama Sywor Kamanda qui nous faisait l'honneur de sa visite.

Il y a un d'abord une chose que je dois dire avant même d'écrire cet article : Monsieur Kamanda a un rire exceptionnel ! ( voilà, c'est dit, j'adore son rire!)

Kamanda est né au Congo, son écriture, son œuvre entière ou presque porte les voix de l'Afrique. Sa poésie contemporaine est reconnue dans le monde entier.

Kama Sywor Kamanda définit la poésie d'aujourd'hui comme un étendard à porter haut et fort, un engagement de toute une génération, de toutes les générations, de toutes les couleurs. Car oui, en effet, la poésie n'a plus de frontières, la poésie vit dans toutes les langues de la planète, la poésie est une valeur universelle et elle n'a pas de prix. En ce sens, Kamanda explique qu'il a fait et qu'il continue à faire le tour du monde, à parler de sa poésie et des autres, de la poésie en général, mais aussi des conflits socio-politiques qui traumatisent son continent, tous les continents. «  Chaque écrivain africain a dû affronter le monstre de son monde. », disait-il. Chaque écrivain doit affronter la société actuelle, mais surtout, sauvegarder la mémoire des mots, des origines, de l'Afrique. Car s'il y a bien un sujet important pour Kamanda, c'est cette question de sauvegarde des mémoires que le présent balaye aujourd'hui «  J'apprivoise la parole des origines », souhaite exprimer Kamanda dans l'un de ses poèmes lu ce jour La Danse des Esprits. L'Afrique, Terre de feu, Terre des Dieux, Terre de rumeurs, la quête de l'abondance.

Kama Sywor Kamanda a reçu de nombreux prix pour son œuvre, mais ce qui compte le plus pour lui, c'est sans doute de continuer ce voyage intérieur qu'il a commencé il y a quelques années déjà, même si pour le moment il n'écrit plus vraiment de poésie.

Le plus important reste le partage, l'écoute, la transmission.

 

La question au poète : «  Comment écrivez-vous ? Avez-vous un bureau ? »

La réponse du poète : «  J'écris dans mon lit ! Tout ce que j'écris, je l'écris dans mon lit ! »

 

Le printemps des poètes, çà continue jusqu'à dimanche … !

 

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Congo

Publié le par Manu

Alain Mabanckou

Le Printemps des Poètes bat son plein et c'est le moment idéal pour découvrir ou redécouvrir les écrits de quelques auteurs. J'ai aujourd'hui choisis Congo d'Alain Mabanckou.

Dans son recueil, Alain Mabanckou évoque son pays, le Congo, paradis perdu de son enfance, à travers les voix de ses ancêtres, les voix des gens du pays, mais des arbres aussi. Il y a cette osmose entre le réel et l'irréel, le sacré, les rituels, les mystères des voix qui entourent les poèmes de l'auteur. Les mystères de la terre demeurent et renaissent, visage après visage, écorce après écorce.

«  Un homme ne meurt pas, il renaît dans un autre lieu. » mots magiques, silhouettes invisibles et « voix [qui] déchirent le silence. ».

Alain Mabanckou interroge le passé de son pays, mais aussi son avenir. «  […] il faut prendre le temps de peser sa détermination […] », car les routes sont parfois sinueuses, les distances immenses. Et que faire des souvenirs, des vieilles maisons vides, où les paroles ne sont plus que des échos aux papiers décrépis ?

Congo Alain Mabanckou

Ce recueil est beau, humble et indissociable, comme ce passage :

« Notre Destin est un entrelacement de végétation,

avec parfois des épines que nous contournons...

Au-delà, il y a peut-être le bonheur qui nous attend. »

 

Alain Mabanckou est poète et romancier. Né au Congo-Brazzaville, il vit aujourd'hui à Los Angeles où il enseigne la littérature francophone. Il est également l'auteur de Verre Cassé et de Petit Piment.

 

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