Roma

Publié le par Manu

 

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Fontaine de Trevi

 

La première chose qui me revienne quand je pense à Rome, c'est l'ancien ascenseur qui menait aux chambres de l'hôtel. Un chariot ailé en contre allée du Colisée, immense monument de détours et sans retour. Le calme d'une cage d'escalier en bois doré. Monter à l'étage ou encore monter à Trasteverre, délaissant les rues pleines, en contre allée. La ville est immense et je repense à Namur, du haut de la Citadelle on a une vue imprenable sur la ville, sur le fleuve qui coule paisiblement là-bas … mais la Belgique est bien loin. Marcher à Trasteverre, c'est se promener au vert, sous les arbres paisiblement, sous le soleil luisant. Rien qu'un machaon qui cherchait la compagnie et que j'ai aimé observer du bout des doigts. Je l'ai regardé s'éloigner, cette chose de toute beauté …

 

P1150622.JPGPimm's Good, Via di Santa Dorotea 8, Trasteverre


Descendre un peu plus bas et découvrir de petites rues pavées aux terrasses animées. Un Pimm's Good pub aux banquettes de cuir bordeau et aux lustres psychédéliques. Mais si je reviens en arrière, il y a aussi la place St Pierre que je n'ai pas reconnue. Dans mon imaginaire il y avait une mosaïque à terre. Mon imaginaire fertile comme la terre du Vésuve. Les gens qui se promenaient, aller tous tout droit, faisaient la queue pour se rendre je ne sais où et nous, nous étions au centre même de la place … Quelques heures plus tard, le Pape apparaissait sur un Ipod, à midi pile.

Pas à pas, le centre ville en sens inverse. La place d'Espagne, la place Navonne ou encore la Fontaine de Trevi, le Panthéon … des endroits indéniablement beaux, grands mais qui nous laissent perplexe. La foule grandissante en pleine journée nous fait regretter la grande ville et repenser à Nîmes. Les arènes sont si belles, cette ville est si chouette …

 

P1150574.JPGMinou à Largo Argentina, le sanctuaire des chats


Les bars à cocktails seront nos QG l'instant de quelques minutes. Les glaçons dansent dans la pulpe de citron, dans l'eau troublée et parfumée. Plus aucune odeur de citron frais pressé, plus une seule baraque à granité, il faudra les oublier pour quelques années. L'heure tourne à toute vitesse, le soleil semble ne jamais s'incliner et nous déclinons les heures du goûter, nous réfugions vers l'immensité de la nuit, à Rome ou presque tout luit.

A la nuit tombée, le questionnement de l'équinoxe: revoir bientôt la famille. Les cartes de souvenirs envoyées, un peu de moi collé au dos d'un timbre. Parfois, les attentes sont lentes, l'attente des autres, d'une salade, d'une assistance. J'aurais voulu garder quelques souvenirs, des choses uniques, indispensables, comme la sirène dans le cappuccino, celle qui nage et nage encore dans les splendeurs d'une nuit romantique.

 

( Venise était une ébauche, une dispersion, envie soudaine de rencontrer l'Adriatique … il nous a fallu l'oublier, la détourner. )

( Subsistent les souvenirs, les pensées d'un retour en famille, les voyages qui durent et que l'on cherche de long en large, au large bien souvent. )

 

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Restaurant Splendor Parthenopes, via Vittorria Colonna


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Michael Kohlhaas: sombre et esthétique

Publié le par Manu

 

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Mads Mikkelsen: aussi sombre et beau que son personnage.

 


La sortie cinéma du jour nous rappelle que le beau temps ne dure jamais: pluie = cinéma. Aujourd'hui, nous avions le choix entre un film français qui a fait son show au festival de Cannes cette année, un autre assez spécial niveau choix de l'histoire et un film un peu sombre avec un acteur excellent. Nous avons fait le troisième choix: Michael Kohlhaas.


Les premières minutes du film sont quasi muettes et j'avoue avoir eu peur pour la suite: vais-je m'endormir ou même quitter la salle avant la fin? Mais finalement, on est rapidement happé par l'histoire.

 

Au cœur des Cévennes, autour du XVI ème siècle. Michael Kohlhass est un marchand de chevaux qui vit paisiblement dans son domaine avec sa femme et sa jeune fille jusqu'au jour où, voulant se rendre à un marché de chevaux, il se heurte au baron du coin qui lui demande de payer un droit de passage. N'ayant pas d'argent sur lui, Kohlhass est prié de laisser deux de ses somptueux chevaux au baron qui va les malmener. Va s'ensuivre une guerre entre le baron et le marchand qui va demander réparation; sa demande sera rejetée trois fois. Kohlhass va alors vouloir se rendre chez la princesse afin de plaider sa cause, mais sa femme insiste pour y aller elle même. Malheureusement, le lendemain, Kohlhass va retrouver le corps de sa femme inanimé et va alors chercher à se venger avec l'aide de ses valets.


Michael Kohlhass est un film difficile à juger. Le film est beau, sombre, inquiétant parfois ( la bande son, parfois entêtante), mais sublimement porté par Mads Mikkelsen, acteur atypique qui donne au personnage toute sa sensibilité et au film une certaine esthétique. Les paysages et décors sont magnifiques, les scènes de chevauchées, de fuites à travers le brouillard sont captivantes. Reste la lenteur du film, des scènes parfois un peu longues et l'interrogation finale, le questionnement sur la justice … Rendre justice mais perdre la vie, une réflexion utile aussi bien hier comme aujourd'hui. Un beau film étonnant et prenant mené par Arnaud des Pallières qui n'oublie pas les seconds rôle comme celui de Mélusine Mayance, la fille de Kohlhass, épatante tout au long de l'épopée.

 

A voir !

Publié dans Let the camera roll

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Italia - Pompéi

Publié le par Manu

 

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Un jardin dans les ruines

 

C'est là-bas, cachée derrière les Alpes, en passant par de nombreux tunnels que se dessine l'Italie. Sous la chaleur torride du mois d'août, des terres parfois arides, pâles ou ensoleillées dévoilent des champs d'oliviers, des collines à pertes de vue et la mer qui embrasse le ciel. Le bleu de l'eau, du ciel qui englobe les villes délabrées à l'arrivée …


Pompéi, une ville aux façades ocres et dorées par le soleil, au charme séculaire mais délabré. Cette cité semble primitive, arriérée parfois tant elle me semble étrangère. Et puis plus on longe l'océan, plus on arrive vers le centre ville et plus je me sens envoûté par cette ville incomparable. Le Vésuve est là derrière, semblant toucher les nuages, fascinant et spectaculaire, si fier.

 

vesuve.JPGLe Vésuve


Le pied posé à terre, je ressens la chaleur accablante de l'Italie. Pompéi ou le vent nous échappe; Pompéi où se croisent chiens de bonne famille et chiens sans famille; Pompéi où les camelots vendent tous la même chose; Pompéi et la Providence; Pompéi et ses baraques à granités citronnés.

Au petit jour, les ruines sont encore endormies, secrètes; le vent souffle doucement au cœur de l’amphithéâtre et pas un bruit ne gène la tranquillité des oiseaux.

Un peu plus loin, la foule se presse déjà pour admirer les vestiges de fresques disparates. Des murs de couleurs chaudes, de l'ocre, de l'orangé, du jaune doré et des animaux peints, des chiens ou encore des serpents. Pompéi devait être belle, animée, colorée. A travers les ruelles étroites de la ville ensevelie, nous nous égarons à l'ombre d'un arbre. Loin des autres, du flot de promeneurs, nous pourrions nous endormir et rêver de parcourir la cité avant 79.

 

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Amphores et corps


Sur le sable chaud et gris du Vésuve, entre les pavés épais ou encore les fontaines communales, des amphores jouxtent la mensa pondereria. Assemblées derrière des grilles, les poteries sont entassées sous le regard curieux des touristes. Et au milieu de tout cela, des corps de pierre… je repense à leurs visages figés, à leur peur perceptible pétrifiée et qui elle, ne sera jamais ensevelie.

 

Pompéi au soleil couchant, vers la mer de débris, vers les plages bordées de soleil. Les italiens semblent heureux, se pressent au marché nocturne de Castellamare di Stabia, prennent plaisir à manger du maïs grillé sur le bord de la plage mais il n'y a rien d'autre à voir qu'une mer souillée de déchets. Le sable sombre est sale, le paysage est beau mais oublié … quel dommage !

 

 

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Castellamare di Stabia où les plages dégueulasses

 

Je revois encore les façades qui mènent à Naples: des couleurs éparses, des vieilles pierres abandonnées, des balcons aux vêtements qui sèchent, des antennes qui dépassent de partout, des enseignes qui font office de décors de film italien. L’Italie est belle, elle a du cœur et de l'âme, mais ne cherche pas à s'embellir, se laisse aller. Ce que j'y est ressentie, c'est de la chaleur, du bonheur à découvrir des paysages étranges, défigurés souvent mais qu'on ne voit pas ailleurs, des petits airs de Cuba sur les hauteurs de Naples, la mer, l'océan partout autour …

 

Les soirs d'été, les gens sortent de leurs maisons pour papoter à l'ombre des palmiers. La dernière messe vient de sonner, des enfants jouent au ballon sur la Via Roma, des chiens sans famille cherche la compagnie, des sourires sur tous les visage et beaucoup de granité frais. A l'air de Pompéi se mêlent l'odeur du Cappuccino du petit matin, des parfums du large en journée et du citron d'Amalfi en soirée.

 

Un Granite al limone per favore !

Publié dans We are free

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