Avant la pluie ...

Publié le par Manu

 

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Le Saule Pleureur.

Entre lune et brouillard se distingue les feuilles blondes du saule pleureur. Ses feuilles tombent lentement, légèrement et scindent le vent tel le glaive. C'est une bataille entre la nature et le vent, celui même qui entame sa quête de l'Automne … et les feuilles tombent, tombent pour ne plus rien y laisser. Je vois en ces premiers jours d'Automne comme une ode qui s'étale, s'emballe pour ne nous laisser que la beauté nue d'une nature encore fragile, las des aléas énigmatiques de ces vents qui ne laissent rien à la force de la nature. Au petit matin, je contemple le parc: quelques oiseaux nichent dans les épaisses courbes végétales. Et parmi toute cette forêt, le saule pleureur se dresse au milieu du terrain, fort, vigoureux, magnifiquement grand. Il paraissait si petit encore l'an dernier … le temps a passé et sous ses longues feuilles étendues repose à tout jamais un petit être que j'aimais. On dirait que l'être a donné essence, qu'il l'a rendu merveilleusement beau. Chaque matin en me levant, je repense a l'existence, à l'essence des choses et à ce saule pleureur qui n'a de larmes que pour le petit être à ses racines.

 

 

Soir.

Mon grand-frère venait de passer la porte et le vent s'engouffrait dans mes cheveux. La nuit était déjà là, les étoiles brillaient et je me demandais quand j'allais le revoir. Lui et tous les autres, le Nord, mon Nord. Tout cela me manque, je l'écris toujours quand j'y reviens, mais je ne peux pas ne pas y penser. C'est mon Everest, c'est tout ce qui me reste de mes souvenirs. Ailleurs, il n'y en a pas. Quelque part, mon grand-frère y est pour quelque chose et il le sait bien. Il sait qu'ailleurs qu'ici, sous ce ciel étoilé, je n'ai pas d'autre lumière pour m'orienter, que ma bonne étoile se trouve au-dessus de cette maison qui raisonne, au beau milieu de murs blancs. Dans la nuit, j'entends encore mon petit neveu crier à son papa «  Je veux encore lui faire un bisous à Tata Manu! ». Alors je descend la pente douce et je me penche pour embrasser une dernière fois ce beau gamin qui s'éloigne dans l'obscurité. Je n'aperçois maintenant qu'un bref mouvement rouge et les étoiles qui semblent ne jamais disparaître.

 

 

Et demain ...

Un peu de rouge sur mes ongles, un peu d'eau pour mes orchidées, l'eau qui coule encore et encore du toit, de la gouttière ... J'espère revoir la mer, ma mère bientôt, Paris une nuit ou deux, des jours qui se confondent avec la nuit, des jours après la pluie. Des boîtes renfermant des trésors, de l'or sous la terre, à nos pieds, des choses à écrire et à lire. Un doux parfum vanillé, de cuir ou encore de chagrin, synonyme en la matière ... s'envolent à la cime des arbres, dans l'air idéal.

 

 

 

Arcade Fire

Publié dans Les mots

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Ton Chaminou 02/11/2013 23:05

Quelle nostalgie ! J'avoue que j'aime mieux les deux derniers textes au premier où je sens une écriture qui se cherche mais cela reste poétique et ,surtout, plein de vrais sentiments comme dans le
texte sur le Nord et celui du futur...

Manu 03/11/2013 11:36



Merci pour ta réflexion mon Chaminou, merci pour tes mots qui m'aident à avancer ... je vais finir par trouver quelque chose de moins " nostalgique" ... un jour !