Un temple à Cobain où les gaufres liégeoises pousseraient sur des baobabs

Publié le par Manu

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Les vagues déferlent le long du rivage et l'on aperçois une voile au loin. Elle paraît s'échapper. Elle tangue puis disparaît. Je m'imagine souvent que ces bateaux touchent du bout de leur proue les côtes d'une autre terre, d'une autre civilisation. J'aimerais y voir un peu plus loin.
La nuit, il n'y a plus qu'un phare pour éclairer les quelques matelots qui traversent l'océan dans la pénombre. Tout est silencieux, rien immerge, tout est caché au fond des abîmes. On y voit que du noir à perte de vue, un océan de confusions. Alors, on peut se plaire à rêver qu'une autre terre n'est pas bien loin, que là-bas, tout diverge en commençant par la lumière. Une lumière dense, hypnotique, presque lourde et suffocante. Une terre de végétaux uniques qui recouvrent la surface d'une île entière, d'un continent. Et au milieu de tout cela, quelques humains y vivraient sans vraiment se préoccuper d'une certaine modernité. Quelques monuments parsèmeraient les chemins escarpés : du verre de toutes les couleurs ; du bleu lagon, du rouge coquelicot, du jaune abricot et tout cela pour façonner des trésors, des objets de toute forme, de toute beauté.
Je ferme les yeux et je me dis que ce pays de nulle part devrait exister. On devrait tous pouvoir choisir où l'on veut aller et comment y aller. On devrait tous pouvoir rêver d'une autre rive au bout de l'océan infini.
 
 
Le parachute doré d'une lumière passionnée virevolte et s'agrandit, s'oublie. Papillon étoilé d'une musicalité lointaine, nager lui semble atteindre le soleil. Rien n'est plus sucré qu'un océan lointain de fruits oubliés sur une plage dorée. Libre, seul, émerveillé, il entame alors une aventure épique, une quête de la liberté. Un passeur d'étoile. Sa nostalgie oubliée, il pourra alors goûter aux couleurs enivrantes du hasard et de l'espoir.

 
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Paris, le retour un jour ...
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That's no way to say ...
Combien de routes avons-nous parcouru ensemble ? Je ne sais pas. Des centaines de milliers, des petits chemins, des chemins de traverse et des routes à sens interdit. Ce que je voudrais, c'est trouver un chemin que personne ne connaît, m'asseoir au pied d'un arbre à ses côtés et lui dire que la route est encore longue. Vers l'infini et au-delà. Il n'y aurait personne d'autre, juste quelques cigales, des vaches que rien ne contrarie, des êtres végétaux. Et puis nos baisers, son sourire avec ce rictus dont il me dit qu'il est imbécile. Moi je le trouve beau, je le trouve troublant, inondé par le soleil...c'est sans doute la chaleur, la lumière qui le rend merveilleux. Où bien juste lui, son être tout entier que je chéri jour après jour.

Sur la route, il s'arrête souvent pour prendre la nature en contrastes improbables. Il magnifie la lumière, la quintessence de la vie. Il donne aux vieux objets la lumière qu'ils n'ont pas, la vie qu'ils auraient du avoir. Et les gens, il leur donne une histoire, il les rend plus humains qu'ils ne le sont. Il rêve de prendre l'oiseau dans son envol, d'avoir le petit détail « qui tue » sur la photo, de rendre ses photos plus belles qu'elles ne le sont. L'ordinaire oui peut être, mais l'ordinaire comme on ne le voit jamais, comme on aimerait se l'expliquer, se l'avouer. Immortaliser l'éternel, le temps et tout ce qui va avec...je pense qu'il le voudrait. Peut être. Où il a d'autres idées en tête. En regardant le temps passer justement, il se pourrait bien qu'il ait envie de prendre son appareil photo. Pour passer le temps et le voir passer, mais pas bêtement. Et puis lentement, pas comme un bolide, comme une rivière qui coule, doucement, lentement. Je pense que c'est çà qui le caractérise, cette douceur infinie. Où encore comme un petit biscuit tout fin, un petit goût vanillé et un autre inhabituel comme de la fleur d'oranger où encore de la cerise pour l'acidité. Une tisane bien chaude aux plantes, réconfortantes.

Je pourrais passer des heures à écrire sur mon amoureux. Je pourrais aussi passer des heures à me poser un tas de questions, comme lui, sur le temps. Le temps qui défile et qui ne nous prévient de rien. Je voudrais ne pas penser à ce genre de questions...alors je met de la musique et j'écris. Je pense à la pluie. Je pense au soleil et à la chaleur. Je pense aux longues promenades, à celles que je voudrais faire avec l'amour de ma vie, avec toi Aurélien. Aux chemins interminables et aux routes longues.

Publié dans Les mots

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Yannick Bériault 28/10/2012 23:46

Je trouve une grande douceur dans ce que vous écrivez ici, je suis content de grignoter votre blog tranquilement. Votre style est fort et je sens qu'il est en pleine expansion. Je me sentirais sur
le bord de détourner l'oeil d'une certaine naïveté, d'un certain idéalisme, et puis votre plume qui chante me ramène, me rappelle l'importance qu'a pour moi le style, plus que le fond de la pensée,
qui est bien moins vif, bien moins vital... Et puis vous faites chanter les douceurs de l'amour, qui sont parfois perdues à mon vieil oeil un peu cynique...
Vous avez mon adresse mail, écrivez-moi quelques lignes, question que je répondes à votre court message sur un espace adéquat.

Nais' 02/09/2012 13:01

Quelle jolie déclaration... Vous avez l'air d'être très bien ensemble !
Que votre route soit très très longue :)

Manu 03/09/2012 18:51



:) Merci beaucoup Naïs', oui, c'est ce qu'on peut nous souhaiter de mieux! Merci



Ton Chaminou 20/08/2012 16:35

Je suis content de te retrouver ici ma chère Chaminette ! Je me répète, mais sur ces derniers textes, je retrouve la magie qui est la tienne et puis, rien que pour le titre, tu mérites un
commentaire !

Manu 20/08/2012 16:48



Merci merci mon chaminou! Quel honneur! Et bien oui, je vais revenir ici et j'espère t'écrire encore de beaux articles!