Banc Public

Publié le par Manu

Banc Public

Au parc, sur l'un des bancs publics qui jouxtent le manège, je laissais divaguer les mots au travers de vieilles pages. Le vent les retournait pour moi. Je lisais sans même relever la tête, j'entendais les gens qui marchent le dimanche après-midi au parc. Ils marchent et lisent aussi. Non pas des pages anciennes, jaunies par le temps, la poussière qui s'égraine, mais un écran que l'on ne met jamais en veille, qu'on le veuille ou non, l'objet qui semble mêler l'utile à l'agréable. Parfois, des couples passent, tête baissée sur leur écran, tête à tête avec leur téléphone – ultra moderne solitude.


Dans mes vieilles pages à l'odeur de boiseries, un texte de Jean-Jacques Rousseau sur le Voyage à Pied, très approprié. Je ne peux que penser à nos promenades antérieures, à venir, mais aussi intérieures. La facilité que l'inconscient a de nous transporter d'un paysage à un autre, sans même se déranger. L'instinct de l'inconscient, d'une vie perpétuelle et d'une plénitude entière. Une promenade en solitaire, parfois peuplée d'êtres caricaturés, étranges et influençants.


Dans la vraie vie, si mon œil dévie de mon ouvrage, les êtres me paraissent influencés. Ils s'ignorent pourtant, marchent côte à côte, se dévisagent, mais ne se regardent pas vraiment. Ils sont indifférents et continuent leur chemin, en tapotant de longs monologues sur leur écran noir.


Le temps nous a oubliés, moi et mon livre, sur un banc public qui regarde passer le monde d'aujourd'hui.


 

Banc Public

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Les Campanules

Publié le par Manu

Les Campanules

Non loin d'ici, tu m'as offert ce beau bouquet de campanules, petites clochettes teintées de bleu, ramenant la couleur au ciel gris. Non loin d'ici et ailleurs, tu m'as dis des mots sincères, des mots d'amour, avec ce même regard qu'aujourd'hui, ce regard que j'aime tant contempler.

Je pensais que les campanules poussaient chez mes parents, mais non, c'était chez les tiens, autour de la mare où quelques canards viennent se poser de temps à autre. Elles sont toutes belles, d'un bleu mauve extraordinaire, elles donnent du baume au cœur. Peut-être est-ce pour cela que tu les as choisi ? Où peut être juste parce que tu te rappelle que j'aime tant les violettes … celles des sous-bois qui se découvrent sous les feuilles jaunies de l'Automne passé. Ou alors tu pensais au Purple Rain de Prince … oui, c'est sans doute cela !

Les campanules me font penser à des voyages, à des endroits où l'on s'arrête quelques fois, on leur tourne le dos pour contempler un paysage et on oublie qu'elles sont là, juste derrière nous à prendre le soleil.

Prenons le soleil, tournons le dos au ciel gris et rêvons encore de belles choses!

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Oiseaux fantômes

Publié le par Manu

Oiseaux fantômes

Mon chat regardait fixement au dehors, il était bientôt 22h. La lune était pleine et animait la cour intérieure de son halo incandescent. Soudain, venu de derrière les toits, un magnifique cortège d'oiseaux fantômes. Il y en avait une centaine qui volaient côte à côte, dans le balaiement du vent, tous blancs immaculés. On aurait dit un rêve éveillé, tant rien ne semblait réél. Ils passèrent en quelques secondes dans le ciel auréolé de rose-orange-violet, s'en allèrent derrière d'autres toits. Mon chat en avait profité pour admirer le ciel étoilé; elle me regardait fixement dans ce carré lumineux que la Lune projetait. Les oiseaux revinrent, moins nombreux, mais toujours teintés de ce blanc, d'un voile transparent. Je pouvais presque sentir leurs battements d'ailes, le souffle du vent qui passait par-delà leurs plumes d'argent. Comme le ciel était beau à présent et comme la nuit s'intensifiait ! Les oiseaux passèrent comme un éclair et ne revinrent plus. Bouche bée, je les regardais s'éloigner; comme des âmes aux ombres projetées.

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Caféine

Publié le par Manu

Caféine

Mon pull à 60% de laine fait du goutte à goutte dans la salle de bain. J'ai abusé de la caféine hier et encore aujourd'hui, tous les jours en fait. Comme au Select où je n'ai pas pu boire mon petit noir … j'ai attendu 15h et la lumière des peintures et sculptures Art Nouveau de la Cigale. C'était beau, toutes ces couleurs, comme si la ville n'était que grisaille et bourdonnement incessant. Les gens, le monde, les gens … où vont-ils ces gens qui courent ? Courent toujours. Le temps est si court et nous courons après lui, sans prendre même la peine de suivre la ligne verte, les ondoiements de l'eau, des canards qui nous regardent. Alors j'ai essayé de prendre le temps, de regarder droit devant, j'ai vu des tableaux, un tableau en particulier. La chasse à la baleine. Cette activité de chasse qui aurait cessé en 1868 … mais qui paraît toujours d'actualité. Chasser la baleine aujourd'hui, c'est chasser un monde dont on ne connaît rien. Comme si ce tableau du début du XXème était en fait plus moderne...où est-ce nous qui n'avançons pas ? A préférer détruire et reconstruire, chercher des intérêts là où il n'y en a pas, des inventions qui n'existent pas ou seulement dans le cerveau d'un surréaliste, à quelques pas de notre table ou le café se déploie, ravive la part des anges.

 

Sommes-nous réellement des surréalistes ?

Caféine

Publié dans Thé ou café

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